Le retour de Poutine sur la scène du Proche-Orient

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L’édito international est une chronique de l'émission Europe 1 bonjour
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François Clemenceau revient chaque matin sur un évènement international au micro d'Europe 1 Bonjour.

Poutine sur tous les fronts du Proche Orient

Le président russe a effectué hier une visite surprise en Syrie sur l’une des bases militaires russes installées dans le pays. Et depuis l’Égypte, il en appelé à une reprise du processus de paix entre Israël et les Palestiniens.

Il y a  des lignes parallèles qui ne lassent pas d’intriguer. La semaine dernière, Donald Trump a provoqué la terre entière en décrétant Jérusalem capitale d’Israël et en se félicitant par ailleurs que l’Irak sonne la fin des combats contre Daech sur son sol. Dans la foulée voici donc Vladimir Poutine qui se rend sur la base militaire russe de Hmeimin en Syrie pour y annoncer le retrait de l’essentiel de ses troupes après la victoire totale contre Daech. Il ne dit pas combien de soldats et d’avions resteront sur place mais signale que de nouveaux pourparlers auront lieu à Astana au Kazakhstan dans huit jours pour continuer à chercher une solution politique en Syrie. Il précise même "sous l’égide des Nations Unies". Comme s’il se souvenait qu’après une dizaine de vétos au Conseil de sécurité sur la Syrie, l’ONU pouvait s’occuper de son service après-vente.

Donald Trump et Vladimir Poutine ne se sont pas concertés ?

Personne ne le sait mais chacun est resté dans son couloir. La seule grosse différence entre eux, c’est que les alliances parlent pour eux. Bachar el Assad a applaudi la visite de Poutine en Syrie, mais personne ne parle du départ des autres forces étrangères : l’Iran bien sûr mais aussi la Turquie, les deux autres parrains du forum d’Astana. Quant à Donald Trump, il prend bien garde de ne pas se mêler de l’affaire syrienne. Bien qu’il ne sache pas comment lutter contre l’hégémonie iranienne qui se manifeste également au Yémen et au politiquement au Liban.

Et tous les deux veulent donc s’impliquer sur la paix en Palestine ?

L’un comme l’autre, avec Benjamin Netanyahou d’ailleurs, sont des adeptes de l’unilatéralisme et du fait accompli. Trump a osé sur Jérusalem, pourquoi Poutine n’en ferait pas autant en proposant ses services ? Il y a là une forme de compétition d’un cynisme absolu où les deux anciens Grands de la guerre froide veulent à tout prix planter le drapeau. Et c’est là qu’on regrette le manque de moyens, de volonté et de consensus en Europe pour que l’Union européenne serve à autre chose qu’à reconstruire ce que les deux autres grandes puissances ont détruit.