Le rapprochement entre Corée du Sud et Corée du Nord aux JO de PyeongChang peut-il réussir ?

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L’édito international est une chronique de l'émission Toute l'info du week-end
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Didier François revient chaque matin sur un évènement international au micro d'Europe 1 Bonjour.

Cap sur la Corée du Sud où les Jeux olympiques d'hiver débuteront dans une semaine. La délégation nord-coréenne a été accueillie ce jeudi  avec curiosité mais également avec espoir.

Le gouvernement sud-coréen entend bien mettre à profit la trêve olympique pour améliorer ses relations diplomatiques avec son très turbulent voisin du Nord.

Ces Jeux olympique d'hiver, qui s'ouvriront le 9 février prochain en Corée du Sud, renouent littéralement avec cette tradition de la trêve sportive qui mettait fin dans la Grèce antique aux conflits armés entre les différentes cités.

C'est en tous cas ce dont rêve le président de la Corée du sud qui mise beaucoup sur cette stratégie olympique pour tenter de réduire les tensions très vives avec la Corée du nord depuis les tirs de missiles et les essais nucléaires de ces dernières semaines. Avec un premier geste extrêmement symbolique puisqu'un drapeau nord-coréen a été hissé hier sur le village olympique pour accueillir les athlètes de Pyongyang. Ce qui est tout à fait conforme aux règles du CIO qui veulent que le drapeau de chaque délégation participant aux Jeux flotte sur les sites des épreuves. Mais ce qui n'était pas du tout une évidence dans la mesure où les deux Corées sont, techniquement, toujours en guerre puisque le conflit qui a conduit à la partition de la péninsule s'est achevé en 1953 par une simple armistice et pas par un accord de paix.

La loi sud-coréenne sur la sécurité nationale prévoit même une peine de sept ans de prison pour quiconque oser arborer le drapeau du Nord. Il a donc fallu que le parquet de Séoul prévoit une dérogation pour permettre de pavoiser les Jeux et d'y jouer l'hymne de l'État communiste.

Mais au-delà du symbole, est-ce que ces Jeux vont pouvoir effectivement rapprocher les deux Corées ?

C'est le pari du nouveau président sud-coréen, Moon Jae-in. Un homme très modéré issu du centre gauche qui a été élu au mois de mai dernier en prônant justement une politique de dialogue avec la dictature nord-coréenne. On l'a d'ailleurs bien vu au lendemain des essais nucléaires quand Donald Trump menaçait Kim Jong Un du "feu et de la colère". Les dirigeants sud-coréens plaidaient, eux, pour un durcissement des sanction et de la "patience stratégique". Donc surtout pas de bombardements. Il faut dire que Séoul et ses 12 millions d'habitants sont à portée de canon de l'armée nord-coréenne et paieraient certainement très cher ses représailles. Donc les gestes qui sont fait à l'égard de la Corée du Nord pendant les Jeux olympiques sont une nouvelle façon pour le président Moon de marquer sa différence avec la politique des États-Unis.

Mais est-ce que ça marche cette stratégie d'apaisement.

Pour l'instant, ce n'est pas flagrant et le régime nord-coréen n'a pas fait de très grandes concessions, si ce n'est d'accepter que les deux Corées engagent pour les Jeux une équipe féminine de hockey commune, ça reste quand même très balbutiant. Et même là ce n'est pas simple puisque lors des entrainements de préparation, les douze hockeyeuses sud coréennes avaient du mal à comprendre leurs douze camarades du nord. Parce qu'après 70 ans de séparation, les évolutions du langage font qu'il y a finalement beaucoup de mots différents entre le dialecte coréen parlé au nord et celui utilisé au sud. En bref, ce n'est pas gagné !