Le forum annuel de la sécurité à Munich : le Davos de la sécurité

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L’édito international est une chronique de l'émission Toute l'info du week-end
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François Clemenceau revient chaque matin sur un événement international au micro d'Europe 1 Bonjour.

On vous retrouve à Munich François Clemenceau, où vous assistez au Forum annuel de la sécurité, on dit que c’est le Davos des questions stratégiques mais de quoi s’agit-il exactement ?

C’est vrai que ça ressemble à Davos parce que la terre entière se donne rendez-vous ici au cœur du quartier historique de Munich protégé par des milliers de policiers et de soldats. Comme à Davos, tout se passe dans un hôtel transformé en labyrinthe et comme à Davos, ces trois journées de rencontres ont pour but de réfléchir et de se rencontrer pour parler des défis en cours et de ceux à venir. Sauf qu’il ne s’agit pas à Munich d’économie ou de business (quoique l’industrie de défense est concernée et très présente) mais de géopolitique et de conflit, de diplomatie et de guerre.

Et pourtant au début, c’était un club presque secret.

Celui qui a fondé en 1963 la Wehrkunde-Begegnung, "la rencontre de science militaire", n’est autre que l’un des anciens comploteurs au sein de l’armée allemande contre Adolf Hitler. Ewald Heinrich von Kleist-Schmenzin, a participé à trois tentatives d’assassinat du Führer, dont celle du 20 juillet 1944. Vingt ans plus tard, il a créé ce forum pour que la démocratie allemande en pleine guerre froide puisse résister à l’hégémonie soviétique tout en restant un pilier d’une relation transatlantique apaisée. A Munich jusqu’à la chute du Mur de Berlin, la Wehrkunde a donc accueilli chaque année et plutôt discrètement, des ministres de la défense de l’OTAN, des chefs d’état-major, des patrons de services de renseignements, des experts de stratégie et de nouvelles armes, bref un petit laboratoire de réflexion et de coordination face à l’Union soviétique.

Aujourd’hui, on a changé de dimension.

Avec la fin de la guerre froide et la mondialisation, la Wehrkunde est devenue un grand forum international ouvert aux traitements des grandes crises. On verra cette année des leaders du Golfe et d’Iran et Benjamin Netanyahou est également invité, ce qui pourrait permettre des discussions en coulisses dans ce contexte de grande tension. Le patron du Pentagone sera là, dans la foulée d’une réunion de l’OTAN consacrée au renforcement de l’Alliance face aux menaces Russes, nord-coréennes et djihadistes. On parlera beaucoup cyber et utilisation de l’intelligence artificielle pour la conception du champ de bataille.

Et les trois chefs des principaux services secrets européens feront le point sur leur coopération antiterroriste. L’année dernière, Munich avait permis à la nouvelle équipe de Donald Trump de rencontrer leurs principaux partenaires sans tomber dans le formalisme et le protocole des grands sommets. Ici tout ou presque est informel. Un vrai nid d’espions où l’on se dit les choses en face.