La reconstruction de Mossoul : une opération à haut risque ?

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L’édito international est une chronique de l'émission Toute l'info du week-end
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Emmanuel Renard revient chaque matin sur un évènement international au micro d'Europe 1 Bonjour.

Emmanuel Renard remplace François Clemenceau le 15 décembre 2017.

Reconstruire une ville détruite par la guerre, opération difficile et à haut risque. Gwendoline Debono nous parle ce vendredi matin de Mossoul, en Irak. Cela fait cinq mois presque jour pour jour que la deuxième ville du pays a été libéré et les plans pour la reconstruire se mettent en place.

Et la priorité absolue du gouvernement irakien c’est de rétablir les infrastructures. C’est-à-dire l’électricité, l’eau potable, les ponts, les transports ou encore les hôpitaux. Bref tout ce qui touche à la vie quotidienne. Montant estimé des travaux : 700.000 millions d’euros d’après les Nations unies. Coté irakiens, le devis pour le pays entier est plus élevé. Le ministère chargé de la reconstruction chiffre à 100 milliards de dollars la reconstruction de toutes les villes endommagées dans les combats contre les djihadistes. Une estimation très haute ironise un Français qui travaille en Irak. Pour Mossoul, lui estime qu’il ne faut pas plus de deux milliards pour remettre la cité sur pied. Contrairement à l’idée que l’on peut s’en faire, la ville n’est pas rasée, c’est une des réussites de l’opération militaire. Sa partie est est quasi intacte, sa partie ouest est endommagée. La vielle ville elle, en revanche, est détruite. Les entrepreneurs font donc attention, car qui dit reconstruction dit souvent corruption et détournements de fonds.

La corruption qui est toujours endémique en Irak ?

Voilà ce que nous dit un diplomate irakien : la corruption nous mine autant que le terrorisme. C’est pour ça que les donateurs surveillent sérieusement l’utilisation des fonds et la France est très concernée par cette question. Il faut savoir que Paris a octroyée un prêt de 430.000 millions à l’Irak. Ensuite les entreprises françaises  comme Suez, Vinci, Thales et Bouygues comptent peser dans la reconstruction, elles étaient en visite à Bagdad la semaine dernière et elles ont rencontré le premier ministre irakien il y a deux mois. L’Irak a également sollicité l’aide financière d’un fond franco émirati pour restaurer le patrimoine et les quartiers historique endommagés dans Mossoul. "La France a été avec nous en temps de guerre, elle doit être avec nous en temps de paix", voilà ce que l’on pense à Bagdad.

Et les habitants de Mossoul eux n’attendent pas que tous ces fonds soient débloqués pour s’occuper de leur ville.

Effectivement, depuis des mois déjà les habitants, les jeunes surtout déblaye les rues, ramassent les gravats. Aujourd’hui c’est moins artisanal, des entrepreneurs locaux les aident, le prix du ciment est pour l’instant très bas donc beaucoup de Mossouliotes retroussent leurs manches pour aller plus vite et retapent leurs maisons. Une image pour illustrer cette urgence de retrouver une vie normale : il y a deux semaines, les habitants ont organisé un marathon. Le parcours passait par les quartiers balafré par neuf mois de bataille.