La nouvelle semaine infernale de Teresa May face aux communes

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L’édito international est une chronique de l'émission Europe 1 bonjour
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François Clemenceau revient chaque matin sur un évènement international au micro d'Europe 1 Bonjour.

Theresa May affronte une nouvelle semaine infernale

La première ministre britannique doit défendre à partir d'aujourd'hui le projet de loi qui consacre la sortie du Royaume Uni du droit européen et subir en même temps une crise des hôpitaux publics qui n’en finit pas. 

C’est un débat très compliqué qui s’annonce en effet à la Chambre des Communes. Il s’agit pour les élus britanniques de faire le tri entre tout le corpus juridique européen qui est venu se greffer sur le droit du Royaume Uni par l’adhésion à l’Union européenne et tout le reste dont ils veulent se débarrasser pour rompre les ponts avec Bruxelles. Le problème, comme dans tous les autres domaines de négociation (l’économie, le commerce, la finance ou l’agriculture par exemple), c’est que chacun voit midi à sa porte. Certains ne veulent rien garder, ce sont les plus radicaux des Brexiters. D’autres veulent garder le maximum, ne serait-ce que pour rester en accord avec la législation européenne du droit du travail, des normes écologiques ou tout simplement les droits de l’homme. Une partie des conservateurs et plus encore chez les travaillistes ne veulent pas d’un divorce avec l’Europe qui soit aussi celui du grand saut dans l’inconnu sur le plan de l’état de droit.

Ce qui permet une fois de plus à l’Écosse de se faire entendre.

Oui, les Gallois aussi et les élus d’Irlande du Nord qui auront à se prononcer sur  cette loi de sortie du droit européen bien que ce vote ne soit pas contraignant. Sauf que la première ministre écossaise Nicola Sturgeon en profite pour rappeler ce que coûtera le Brexit pour l’Écosse. Si c’est un Brexit à 100%, pur et dur, ce sera plus de huit points de PIB, 2600 euros par an et par personne à payer pour se remettre au niveau et aux normes, mais trois points seulement de PIB si le Royaume Uni reste dans le marché unique. Sturgeon sait que cette hypothèse est improbable parce que les Européens s’y refusent sur le thème : on ne peut pas sortir de l’Europe et y rester en même temps. Bref, gros orages en perspectives.

Qui s’ajoute aux autres.

Oui, et dont on finira par s’apercevoir qu’ils sont liés. Peut-être pas la faillite du géant du BTP britannique Carillion qui risque de mettre sur le carreau plus de 20.000 employés, bien que sa dépendance aux contrats publics était forte et que le gouvernement de David Cameron et Theresa May ont fortement coupés dans les budgets. Mais la crise du service de santé qui continue, oui, elle a fortement à voir avec le Brexit. Si des hôpitaux publics du NHS ne peuvent plus soigner de patients aujourd’hui, c’est aussi parce qu’il y a de moins en moins de personnel et notamment des infirmières, recrutées pour beaucoup en provenance d’Europe de l’Est et du Sud et découragées désormais de venir s’installer. On en est donc qu'au tout début des grands ennuis.