Jean-Yves Le Drian à l’ONU : la lutte contre le trafic de migrants en Libye

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L’édito international est une chronique de l'émission Europe 1 bonjour
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Virginie Riva revient chaque matin sur un évènement international au micro d'Europe 1 Bonjour.

Virginie Riva remplace François Clémenceau le mardi 31 octobre 2017.

En ce moment aux Nations-Unies, on parle terrorisme au sahel. Washington vient d’annoncer son aide financière à hauteur de 60 millions de dollars pour aider le Niger, le Tchad, le Mali, le Burkina Faso et la Mauritanie dans sa  lutte contre les djihadistes.

Ce terrorisme se nourrit de trafics, celui des migrants notamment.

Résultat : avec les progrès du G5 sahel, la Libye voisine voit leur nombre baisser considérablement.

On tente à la fois de construire une digue pour bloquer les flux dans les pays situés au sud de la Libye, et une autre digue sur les côtes libyennes vers l’Italie. Un chiffre donne l’ampleur de cette baisse : 2.700 migrants sont partis ce mois-ci de Libye direction l’Italie. Il y un an, en octobre 2016, c’était 10 fois plus à savoir 27.000. Ce qui a changé, c’est qu’il y a eu depuis une opération conjointe entre les deux entités politiques rivales en Libye, celle du général Haftar et celle du Premier ministre Serraj. Le trafic de migrants a été déstabilisé notamment à Sabratha d’où partaient les trois quarts des migrants. Les passeurs n’ont plus la logistique pour leur business criminel. La conséquence directe : les migrants disent à leurs proches un peu partout de ne pas venir parce qu’ils ne peuvent plus passer en Europe.

Certains tentent toutefois la traversée mais une fois sur deux ces migrants sont ensuite arrêtés par les gardes côtes libyens et ramenés vers la Lybie. L’Union européenne finance même la formation de ces garde-côtes.

Alors ça fonctionne mais à quel prix ?

Au prix d’une Europe qui damne son âme. Aujourd’hui, on connaît parfaitement les conditions de détention des migrants sur le sol libyen, elles sont infernales puisque la torture est partout. Le Haut-commissariat pour les réfugiés demande à l’Union européenne de créer un centre à Tripoli qui soit ouvert et non fermé. Mais les milices qui sont partout surveillent les camps de migrants en Libye et devraient obtenir une compensation financière pour accepter de laisser la place aux ONG.

Est-ce que c’est durable cette solution ?

Disons que rien ne fonctionnera sans un accord politique en Libye. La France considère que l’envoyé spécial des Nations-Unies, Ghassan Salamé, a de bonnes chances d’y parvenir. Il faut aussi que l’Europe investisse dans l’Afrique subsaharienne pour que les Africains de l’ouest aient des opportunités économiques et restent dans leurs pays d’origine. C’est en cours, mais il y a en ce moment même des milliers de migrants bloqués en Lybie dont on ne sait pas ce qu’ils vont devenir.