Italie : dernière ligne droite pour renouveler le Parlement

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L’édito international est une chronique de l'émission Europe 1 bonjour
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François Clemenceau revient chaque matin sur un événement international au micro d'Europe 1 Bonjour.

C’est la dernière ligne droite dans la campagne pour les élections en Italie afin de renouveler le Parlement dimanche. Et bien malin celui qui pourrait prédire ce qui sortira des urnes. 

Oui parce que le mode de scrutin n’a pas été réformé comme le souhaitait Mattéo Renzi avant qu’il ne démissionne après son référendum raté sur les institutions. Et donc, avec ce mélange assez sophistiqué de proportionnelle et de seuil majoritaire, les experts pensent que le parti qui obtiendrait 40% des voix pourrait obtenir la majorité des sièges au Parlement et donc gouverner l’Italie pour les cinq ans qui viennent. Sauf que le paysage politique s’est tellement fragmenté ces dernières années qu’aucun d’entre eux, même le premier, ne peut parvenir à un tel score. Pour vous donner un état des lieux du rapport de forces, le mouvement populiste Cinq Etoiles fondé par Bepe Grillo est crédité d’environ 28% des voix, suivi du Parti démocrate de Mattéo Renzi à 22%. Ensuite, on a le parti de droite de Silvio Berlusconi, Forza Italia, qui est donné à 17 % suivi de son allié régionaliste et europhobe de la Ligue du Nord,  à 14% lui-même proche de Fratelli d’Italia, un parti d’extrême droite estimé à 5%.

On regardera tout ça de très près dimanche soir parce qu’encore une fois en Europe, tout indique que l’on va vers à une coalition.

Et vous faites bien de mentionner l’Europe, parce qu’une fois de plus, comme aux Pays-Bas, comme en Autriche, en Allemagne et en France où nous venons tous de vivre des élections depuis 18 mois, c’est l’Europe qui fait la différence lorsqu’on cherche un programme de coalition. Les Cinq étoiles refusent par définition de s’allier à qui que ce soit dans la mesure où ils estiment que tous leurs adversaires sont corrompus et incapables. Berlusconi n’a pas la même vision européenne que la Ligue du Nord qui est clairement souverainiste. Autrement dit, il n’est pas impossible que Silvio Berlusconi et Mattéo Renzi fassent alliance. Certes, ils ne partagent vraiment pas les mêmes vues sur l’économie et le sociétal mais ils veulent faire plus et mieux pour travailler avec la France et l’Allemagne vers une Europe plus intégrée et plus autonome par rapport aux autres grands blocs que sont les Etats-Unis et la Chine.

Et si ça ne marchait pas, s’ils n’avaient pas assez de voix et de sièges pour gouverner ensemble ?

Alors là on entre un peu dans l’inconnu. Soit la droite et l’extrême droite décident de faire équipe au pouvoir. Clairement ce serait une très mauvaise nouvelle pour les Européens. Soit, contre toute attente, les populistes de 5 étoiles s’allient avec les souverainistes de la Ligue du Nord, mais ce serait encore plus fragile et chaotique. Soit l’Italie est ingouvernable. Ce ne serait pas la première fois. Il est probable qu’un gouvernement de technocrates garderait les rênes en attendant de nouvelles élections. Mais cela ferait perdre du temps sur l’agenda européen.