Face à la Corée du Nord, le Japon croit à une diplomatie plus musclée

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L’édito international est une chronique de l'émission Europe 1 bonjour
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François Clémenceau revient chaque matin sur un évènement international au micro d'Europe 1 Bonjour.

La méga-tournée asiatique de Donald Trump vient de se terminer et les enchères continuent de monter en Asie face au régime de Kim Jong Un.

François Clemenceau, vous êtes cette semaine au Japon, où le premier ministre Shinzo Abe essaye avec son allié américain de convaincre la Chine de faire pression sur la Corée du Nord.

Oui, parce qu’on ne cesse de rappeler ici, notamment au ministère de la défense que depuis le mois de mars six missiles nord-coréens de moyenne portée sont tombés dans les eaux japonaises et que deux autres ont survolé le Japon avant de poursuivre leur route. Ce n’est donc pas pour rien que cette solidarité entre les États-Unis et le Japon s’est manifestée par un nouvel exercice militaire commun il y a trois jours et qu’avant-hier, la 7eme flotte de la marine américaine a poursuivi ces manœuvres en engageant trois porte-avions à la fois, ce qui est considérable, dont un, le USS Ronald Reagan est stationné en temps normal auprès de la base navale japonaise de Yokosuka.

Démonstration de force, mais pression diplomatique également.

Oui, car les autorités japonaises que j’ai rencontrées depuis mon arrivée insistent pour dire qu’une solution militaire à la crise serait une catastrophe. Et que le seul pays à pouvoir faire amener Pyong Yang à une table de négociation, c’est la Chine. Tout le monde le dit, certes, mais cette fois le Premier ministre Shinzo Abe l’a martelé lors d’un face à face assez rare avec Xi Jinping au sommet de l’APEC au Vietnam. Puis avec le premier ministre chinois Li Kegiang au sommet de l’ASEAN aux Philippines. Shinzo Abe parle maintenant de se réunir à trois : chinois, japonais et sud-coréens pour afficher une triple détermination face à dictature nord-coréenne. Shinzo Abe parle même de se rendre en Chine et de créer une sorte de téléphone rouge pour faire baisser la tension en Mer de Chine. Bref, on sent bien que face à l’essentiel, la prolifération et la menace atomique, les deux grandes puissances asiatiques sont prêtes à se rapprocher.

Les Japonais, François, sont-ils prêts à soutenir une frappe préventive massive des États-Unis contre la Corée du Nord ?

Dit comme ça, non, ils disent qu’il faut examiner chaque option au cas par cas mais que si les États-Unis peuvent frapper Pyong Yang sans dommages majeurs et sans que la Corée du Nord ait les moyens de riposter sur la Corée du Sud ou le Japon, pourquoi pas.