États-Unis : l'année 2018 sera placée sous le signe des dissensions au sein du Congrès

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L’édito international est une chronique de l'émission Toute l'info du week-end
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François Clemenceau revient chaque matin sur un événement international au micro d'Europe 1 Bonjour.

Le président des États-Unis voit au pied de son sapin le beau cadeau de la réforme fiscale votée par le Congrès cette semaine. Mais l’année 2018 ne lui fera pas de cadeaux.

C’est même précisément parce que cette réforme fiscale a été votée, la première de son mandat, qu’on a pu voir pourquoi la suite serait plus dure pour Donald Trump. Les dissensions qui se sont exprimées au sein du camp républicain au Congrès sont devenues extrêmement voyantes, alors qu’on aurait pu penser que le terrain économique serait le plus consensuel. Oui, les Républicains ont toujours été pour moins d’Etat, et donc pour moins d’impôts mais beaucoup d’entre eux sont en même temps très hostiles idéologiquement au déficit et à la croissance de la dette, ce que cette réforme fiscale très importante va créer pendant au moins deux ans.

Mais il n’y a pas que la dette qui divise les républicains sur le plan économique…

Il y a effectivement ce qui l’accompagne, c’est-à-dire les investissements dans les infrastructures qui coûtent cher mais qui permettent de rendre le pays plus moderne et plus sûr. Or le plan que Donald Trump veut voir voté l’année prochaine, pour rénover notamment les autoroutes, les ponts, le rail, est jugé trop cher par une bonne partie des élus républicains qui ne veulent pas non plus le prendre en charge au niveau des Etats fédérés.

Troisième sujet qui fâche : le libre-échange. Donald Trump a brisé ce tabou à droite en revenant au protectionnisme, on l’a vu sortir du Traité Trans-Pacifique en cours de négociation et il veut aussi renégocier le traité qui lie les Etats-Unis au Mexique et au Canada. Pas sûr donc qu’il gagne la partie là-dessus.

D'autant que la campagne pour les élections de mi-mandat a déjà commencé…

Et elle ne s’annonce pas de tout repos. Donald Trump pourrait-il perdre sa majorité à la Chambre et au Congrès comme Bill Clinton en 94 ou Barack Obama en 2010, après deux ans seulement de présidence. Ce n’est pas certains mais c’est possible. Des premiers sondages dans des Etats où Trump a gagné la présidentielle avec plus de 20 points d’avance montrent que ce capital a fondu pour le laisser désormais dans la marge d’erreur, autrement dit avec des candidats de droite à 50/50 face à des challengers démocrates.

Dans ce contexte-là, la plupart des analystes politiques estiment que les représentants ou les sénateurs qui veulent être réélus en novembre prochain, ne prendront guère de risque pour coller à Donald Trump, ce qui ne plaide pas en faveur d’une autre victoire parlementaire pour le président en 2018.