Et si Trump limitait les ventes d'armes ?

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L’édito international est une chronique de l'émission Europe 1 bonjour
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François Clemenceau revient chaque matin sur un événement international au micro d'Europe 1 Bonjour.

La semaine qui vient de s’écouler a été riche en retournements spectaculaires dans le débat sur les armes à feu après la tragédie de Parkland en Floride. Et notamment de la part de Donald Trump. 

La scène s’est déroulée mercredi après-midi à la Maison Blanche et plus de vingt-quatre heures après, la droite américaine n’en revient toujours pas. Le président américain a convoqué les chefs des groupes républicains et démocrates au Congrès et au cours de cette réunion qui a duré pas loin d’une heure, il leur a dit en résumé ceci : je veux une loi complète sur les armes, il a même dit une loi "superbe". Il a donné des détails : il souhaite que la loi soit plus sévère sur les contrôles, notamment à l’égard des personnes déséquilibrées, une interdiction d’achat pour les jeunes de moins de 21 ans, comme pour la consommation d’alcool et un renforcement de la sécurité autour et dans les établissements scolaires. Et là, il y a eu comme un flottement parmi les leaders de la droite puis dès que la réunion s’est terminée, une levée de boucliers dans les médias sur le thème de la "trahison" de Trump.

Comme s’ils avaient été pris à contrepied

Exactement. Pendant toute la campagne présidentielle, Donald Trump a passé son temps à coller au discours des conservateurs et du lobby des armes, la NRA, en expliquant qu’au grand jamais il ne toucherait au second amendement et qu’il considérait tout contrôle sur les armes comme une menace précisément à la liberté du port d’armes. Pourquoi a-t-il pris le risque d’aller, pour la première fois, à rebours du noyau dur de son électorat, à l’encontre de l’écrasante majorité des élus républicains et surtout de l’industrie des armes à feu ? Pour une bonne partie des élus, Trump a démontré qu’il est incroyablement influençable et qu’il a pris cette décision sous la pression médiatique, ce qui est un comble quand on sait à quel point le président déteste les médias. Pour d’autres, il a cédé aux démocrates, ce qui n’est pas tout à fait juste quand on sait qu’au Sénat par exemple, il y a encore un quart des élus démocrates qui sont hostiles à tout contrôle sur les armes.

En même temps, est-ce que Donald Trump est capable d’aller au bout de cette volonté d’être plus sévère dans ce dossier si sensible ?

C’est toute la question. Donald Trump est un populiste. Il aime donner des gages à l’opinion lorsqu’elle peut lui être favorable. Il ne veut pas non plus être l’otage d’une droite américaine qui veut le contrôler. Mais surtout, comme on l’a vu depuis quatorze mois, il a des difficultés à maintenir le cap sur chaque dossier parce qu’il est capable de changer d’avis en fonction des circonstances. Si bien que beaucoup doutent de sa sincérité dans ce débat sur les armes à feu. On pourrait se dire que si le Congrès n’agit pas, cela lui donne un prétexte pour dire se défausser. Sauf qu’il a promis d’être un président agissant. Alors autant le prendre au mot.