Emmanuel Macron au Qatar : pas de diplomatie binaire

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L’édito international est une chronique de l'émission Toute l'info du week-end
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François Clemenceau revient chaque matin sur un évènement international au micro d'Europe 1 Bonjour.

Emmanuel Macron au Qatar : pas de diplomatie binaire

Le président de la République arrive ce matin au Qatar, c’est l’occasion de signer des contrats mais aussi de montrer que la France n’est l’otage de personne au Moyen Orient.

Depuis son arrivée à l’Élysée, Emmanuel Macron a voulu rompre dans Golfe avec les pratiques de ses prédécesseurs : l’un avait privilégié le Qatar, Nicolas Sarkozy, l’autre l’Arabie Saoudite, François Hollande. Emmanuel Macron, lui, a d’abord essayé de se mettre au mieux avec le prince héritier des Emirats arabes unis et puis là-dessus la crise au sein du Conseil de Coopération du Golfe a éclaté. Le Qatar s’est donc trouvé isolé, banni, sous blocus. La France a proposé de jouer les médiateurs mais sans préjuger du rôle du Koweït qui a été accepté par les deux camps en présence. Avant-hier, pour la première fois, les dirigeants du Conseil se sont d’ailleurs réunis pour la première fois. Ils se parlent, c’est déjà ça.

Que cherche Emmanuel Macron dans cette guerre d’influence ?

À montrer qu’il récuse la diplomatie binaire, avec d’un côté les gentils et de l’autre les méchants. La France n’apprécie pas le soutien du Qatar à l’islam politique en général, aux Frères Musulmans en particulier et aux milices salafistes comme ce fut le cas en Libye. Mais elle n’accepte pas non plus que l’Arabie Saoudite soit le seul juge en la matière d’autant que son wahhabisme a servi de caution à nombre de mouvements extrémistes au Proche Orient et en Afrique. Pour Emmanuel Macron, il serait tout aussi dommage que ce conflit dans le Golfe s’envenime dans une surenchère contre Israël suite au discours de Donald Trump sur Jérusalem. Le Qatar, l’Iran et la Turquie étant les plus déchainés dans leurs attaques contre Israël.

Tout cela sur fond de gros contrats.

Oui, entre les fournitures d’armes et l’accord pour la construction du métro de Doha, Emmanuel Macron pourrait signer pour cinq milliards d’euros de contrats. Parle à tout le monde dans le Golfe permet de ne se fâcher avec personne. Certains pourraient trouver cela cynique mais d’autres estiment que la France aurait tort de choisir son camp. Emmanuel Macron se rendra d’ailleurs d’ici le printemps à Téhéran. Pour condamner l’hégémonisme de l’Iran dans la région, notamment au Liban, tout en offrant une alternative aux États-Unis dont le président Trump, lui, a très clairement choisi la seule Arabie et ses alliés.