Élection présidentielle au Libéria : un joueur de foot pourrait succéder à une ancienne Prix Nobel de la Paix

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L’édito international est une chronique de l'émission Europe 1 bonjour
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Didier François revient chaque matin sur un évènement international au micro d'Europe 1 Bonjour.

Gros suspense et quelques inquiétudes au Libéria où le deuxième tour de l’élection présidentielle, qui devait se tenir ce week-end, a donc été reporté par la Cour suprême.

Effectivement, un scrutin plein de surprises. Tout d’abord parce que le vice-président sortant, Joseph Boakai, un très haut fonctionnaire et diplomate formé aux États-Unis, qui était donné grand favori a finalement été devancé au premier tour par un candidat à priori improbable puisqu’il s’agit de George Weah.

George Weah, le footballeur ?

Absolument, l’ancien attaquant de Monaco, champion de France 1991, trois demi-finales UEFA, la Coupe des coupes, Ligue des champions avec le PSG et ballon d’or 1995 pour Milan.
Tous les passionnés de football le connaissent. Ce qu’ils savent moins c’est que Weah s’est finalement reconverti dans la politique dans son pays d’origine, le Libéria donc, où il n’a pas particulièrement été accueilli à bras ouverts par l’élite au pouvoir.
En revanche, il est devenu un peu le héros des bidonvilles qui ont massivement voté pour lui dans ces élections. Il a remporté le premier tour avec une avance confortable de 38% des voix contre seulement 29% au vice-président sortant.

Il aurait dû logiquement remporter le second tour ce week-end ?

Oui, c’est en tous cas ce qu’indiquent les sondages. D’autant que la plupart des candidats battus au premier tour appellent à voter pour lui au second tour et que la présidente sortante, Ellen Sirleaf, donc prix Nobel de la Paix et première femme élue à la tête d’un pays africain, ne soutient son adversaire, Joseph Boakai, qui était pourtant son adjoint.

Alors que s’est-il passé ?

La Cour suprême a jugé que les suspicions de fraude durant le premier tour étaient suffisamment importantes pour suspendre le processus électoral, ce qui a donc été fait. Le vote est repoussé sans qu’aucune date n’ait été donnée pour la tenue du second tour, ce qui évidement laisse craindre quelques tensions.
Surtout lorsque l’on sait qu’il y a, parmi les supporters du footballeur candidat, de très nombreux anciens miliciens de Charles Taylor, l’homme qui a déclenché l’une des pires guerres civiles d’Afrique avec plus de 250.000 morts en 14 ans de 1989 à 2003.