"Donald Trump est incapable de faire preuve de discipline"

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L’édito international est une chronique de l'émission Toute l'info du week-end
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François Clemenceau revient chaque matin sur un événement international au micro d'Europe 1 Bonjour.

L’avocat du président des Etats-Unis a reconnu hier avoir versé 130.000 dollars à une ancienne actrice porno tandis que la démission du chef du personnel de la Maison Blanche pour violences conjugales déclenche des polémiques en chaîne. 

Ces deux affaires, qui n’ont aucun rapport juridique entre elles, ont pourtant un point commun : l’incapacité de Donald Trump à rester discipliné. Son avocat Michael Cohen a en effet reconnu avoir versé 130.000 euros à Stéphanie Clifford, une ancienne actrice porno,  un mois seulement avant l’élection présidentielle de 2016. Il jure que cela ne correspond pas à du financement occulte de campagne mais la presse soupçonne en revanche Donald Trump d’avoir fait verser cette somme pour acheter le silence de l’actrice car il ne voulait pas qu’on sache qu’il avait couché avec elle dix ans plus tôt, plus précisément quatre mois après la naissance du fils qu’il a eu avec son épouse actuelle Melania. L’indiscipline conjugale ne regarde que son couple. Mais l’indiscipline politique qui conduit à passer son temps à vouloir éteindre les incendies par le mensonge et la dissimulation, voilà qui est pour le moins préoccupant.

Et dans l’autre affaire, vous dites qu’il y a un point commun ?

Oui, c’est le syndrome de l’impunité. Rob Porter a été sélectionné pour ce poste important de chef du personnel de la Maison Blanche, alors que ses deux ex-épouses avaient déjà déposé plainte contre lui pour violence conjugale. Autrement dit, il était sous enquête du FBI. Là encore, ce qui relève de sa vie privée n’aurait pas dû être rendu public sauf que son recrutement et son maintien à son poste en disent long sur l’inconséquence de ses supérieurs. Un homme qui a battu sa femme peut en effet devenir une proie au chantage, d’autant plus facilement qu'il était habilité aux affaires confidentielles ou au secret-défense.

Quelles conclusions faut-il en tirer ?

Qu’il faudra, tôt ou tard, faire la part des choses entre ce qui relève de l’amateurisme et ce qui est révélateur d'un mépris vis à vis de l'opinion et de la justice. On ne peut pas demander à un candidat qui n’a jamais exercé de fonction politique de se conduire comme un professionnel de la politique qui respecte les codes et les procédures en vigueur. Mais on ne peut pas non plus avoir d'indulgence pour un président qui semble se moquer de ces affaires à répétition comme si elles ne pouvaient pas l’atteindre. Cela va de l’affaire russe, dont les services de renseignement disent qu’elle pourrait se répéter lors des élections de mi-mandat en novembre prochain, aux affaires glauques de ces derniers jours.