Donald Trump en Corée du Sud : un test de crédibilité

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L’édito international est une chronique de l'émission Europe 1 bonjour
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François Clémenceau revient chaque matin sur un évènement international au micro d'Europe 1 Bonjour.

Le test de crédibilité pour Donald Trump en Corée du Sud

Le président américain poursuit sa première grande tournée asiatique. Après Tokyo, Séoul : une occasion unique de vérifier s’il est sérieux sur le plan diplomatique et militaire vis-à-vis de la Corée du Nord.

Jusqu’à présent et après chacune des provocations nucléaires ou balistiques de Kim Jong Un, Donald Trump a réagi de façon impulsive et brouillonne. Aux Nations Unies, il a même menacé de vitrifier la Corée du Nord en cas d’attaque contre les intérêts américains. Cela dit, on note que depuis cet épisode, si l’escalade verbale n’a pas cessé, celle des tests et des tirs du côté de Pyong Yang a connu une pause qui dure encore. Peut-on imaginer que les Nord-coréens se servent de ce premier déplacement de Trump en Asie pour le défier psychologiquement et politiquement ? Surtout maintenant, alors qu’ils savent faire exploser une bombe atomique et propulser un missile intercontinental sur la bonne trajectoire ? Ce serait très risqué, en tout cas avant que Donald Trump se soit expliqué.

Qu’a-t-il de neuf à dire sur la Corée du Nord ?

Donald Trump a dit et répété que la patience stratégique des États-Unis est terminée et qu’il faut désormais mettre la pression maximale sur Pyong Yang pour que ce régime commence à démanteler son arsenal nucléaire. Là-dessus tout le monde est d’accord. Mais la question est de savoir comment. Donald Trump devrait annoncer au cours de son séjour qu’il replace la Corée du Nord sur la liste des États-terroristes, ce qui lui donnerait un prétexte de plus pour frapper. Mais le Pentagone l’a fait savoir discrètement aux élus du Congrès, si l’on veut détruire les sites nucléaires nord-coréens, il faudra envoyer des troupes au sol pour finir le travail des avions et des missiles. Avec le risque de représailles aux armes chimiques ou biologiques sur la Corée du Sud ou le Japon.

Y-a-t-il d’autres options ?

Oui, la diplomatie. Au cours de cette tournée, Donald Trump va demander à Xi Jinping à Pékin et à Vladimir Poutine en marge du Forum Asie-Pacifique de l’aider à tordre le bras aux nord-coréens. Toute la difficulté est de savoir ce que la Russie et la Chine demanderont en échange. C’est là qu’ils pourront tester Donald Trump sur sa capacité au compromis et aux concessions.