Débat existentiel au SPD en Allemagne : en être ou ne pas être dans la GroKo ?

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L’édito international est une chronique de l'émission Toute l'info du week-end
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François Clemenceau revient chaque matin sur un évènement international au micro d'Europe 1 Bonjour.

En Allemagne, les sociaux-démocrates en position de force

Martin Schulz, le leader du SPD allemand a été réélu hier soir à la tête du parti et les délégués du Congrès ont également accepté de discuter avec la CDU de la chancelière Merkel pour bâtir un éventuel contrat de coalition.

C’est un paradoxe de voir aujourd’hui les sociaux-démocrates en position de force alors qu’ils ont réalisé en septembre dernier l’un des pires scores de leur histoire, tout comme la CDU d’Angela Merkel même si elle est arrivée en tête. Ce sont donc là les deux partis de la coalition sortante, sanctionnés par les urnes, qui vont devoir essayer de négocier un programme de réformes pour les cinq ans à venir. C’est vrai que les sociaux-démocrates ont désormais les moyens de vendre au prix cher leur soutien ou de faire passer l’une de leurs mesures phares, l’impôt sur la fortune par exemple, la stabilisation du système de retraites ou une politique européenne calquée sur celle de la présidence française. Mais ce ne sera pas évident.

Pourquoi ?

D’abord parce qu’il n’est pas dit qu’Angela Merkel accepte. Gênée sur sa droite avec la CSU bavaroise, elle pourrait préférer un gouvernement minoritaire qui négocierait ses réformes avec la droite ou la gauche en fonction des sujets. Elle pourrait aussi demander à retourner devant les urnes même si le résultat risque d’accroitre les scores des libéraux, ou pire, de l’extrême droite. Deuxio, il n’est pas certain que la base du SPD de retourner pour la troisième fois dans le gouvernement de Mme Merkel, d’autant qu’à chaque fois, cette alliance lui fait perdre des points. Si projet de coalition il y a, il sera probablement soumis par référendum aux adhérents. Or, ils étaient encore la semaine dernière à peine un quart seulement à approuver l’idée de négocier avec la CDU.

Mais peut-on espérer que le sens du devoir l’emporte chez les uns et les autres ?

Angela Merkel et Martin Schulz pensent et savent qu’il serait bon pour l’avenir de l’Allemagne, de l’Europe et du couple franco-allemand de rester ensemble. Mais si c’est pour que dans cinq ans, les populistes deviennent incontournables, comme en Autriche où l’on a exploité jusqu’à la corde des avantages des coalitions droite-gauche, chacun aurait intérêt à y réfléchir à deux fois.