Brésil : le président fait appel à l'armée pour rétablir l'ordre à Rio

  • A
  • A
Voir la vidéo sur Dailymotion
L’édito international est une chronique de l'émission Europe 1 bonjour
Partagez sur :

Atterré par le niveau d'insécurité lors du carnaval de Rio, le président brésilien vient de décider de faire appel à l'armée pour rétablir l'ordre dans la ville.

À situation exceptionnelle, mesure exceptionnelle. Samedi, le président brésilien a décidé de faire appel à l'armée pour tenter de rétablir un semblant de sécurité à Rio de Janeiro. Le dernier carnaval a été la goutte d'eau qui a fait déborder le vase. 

Une catastrophe sécuritaire. Depuis plusieurs mois, la police n'arrive plus à contrôler la situation. Le nombre de vols ou d'agressions à main armée explose, sans parler des règlements de compte entre gangs, en pleine rue, à l'arme automatique. Rien qu'en 2017, 6.731 personnes sont mortes dans des fusillades, soit deux toutes les trois heures. Cette même année, 44 enfants ont été tués par des balles perdues. Illustration la semaine dernière où, en un seul jour, ont été tués une fillette de trois ans dans la voiture de ses parents, et un adolescent de 13 ans qui jouait au foot dans son quartier.

Les touristes s'enfuient, et la population n'en peut plus. L'école de samba qui a gagné le concours du carnaval cette année a défilé derrière un char qui représentait une madone tenant dans ses bras un policier assassiné par les narcotrafiquants. 

Un tabou levé. Il était clair que l'Etat fédéral ne pouvait plus rester sans agir. Pourtant, l'armée ne se mêlait plus des affaires de sécurité intérieure depuis le rétablissement de la fin de la dictature en 1985. La nomination d'un général à la tête des forces de sécurité de l'Etat de Rio est donc un énorme tabou levé. D'autant qu'il prendra la main sur la police municipale, puisqu'il n'y a pas, au Brésil, de police nationale. C'est d'ailleurs un véritable problème pour lutter efficacement contre un crime organisé extrêmement puissant. Le général ne devra en référer qu'au président de la République, donc au niveau fédéral, et ne sera pas sous la tutelle des autorités locales, que ce soit le maire ou le gouverneur.

N'y a-t-il pas là un risque de retour à la dictature ? La question est toujours sensible en Amérique latine. Mais a priori, cette nomination n'est valable que pour un an. Le Parlement devra la valider dès cette semaine.