Attaque de l'hôtel intercontinental : la violence reste endémique en Afghanistan

  • A
  • A
Voir la vidéo sur Dailymotion
L’édito international est une chronique de l'émission Europe 1 bonjour
Partagez sur :

Gwendoline Debono revient chaque matin sur un évènement international au micro d'Europe 1 Bonjour.

Gwendoline Debono remplace Didier François le lundi 22 janvier 2018.

L’actualité internationale ce lundi avec l’Afghanistan et cette attaque d’un des grands hôtels de Kaboul ce week-end, bilan au moins 18 morts dont 14 étrangers.

Au moins 18 morts car les autorités afghanes sous estiment souvent le bilan des attaques. L’assaut sur l’hôtel intercontinental a duré 14 heures, du coucher du soleil jusqu’en milieu de matinée ce dimanche. Il y a eu des tirs, des détonations et des flammes dans les couloirs de l’établissement cinq étoiles. La plupart des 200 chambres étaient occupées lorsque les cinq assaillants sont entrés par les cuisines. Les Talibans ont revendiqué l’attaque. Les autorités afghane accuse le réseau Haqqani, un mouvement extrémiste lié aux Talibans. Pour les Afghans peu importe, il n’y a que de la colère. Même les cibles les plus évidentes dans Kaboul, la capitale, ne sont toujours pas sécurisées correctement. Alors même que 48 heures avant l’attaque, des renseignements indiquaient que des lieux fréquentés par les étrangers risquaient d’être ciblés.

17 ans après le début de la guerre en 2001, la violence reste endémique en Afghanistan ?

Oui pendant qu’à Kaboul, cinq djihadistes arpentaient les étages de l’intercontinental hôtel à la recherche de nouvelles victimes, 18 policiers afghan étaient kidnappés et abattus dans une autre province. Les vagues d’attentats font parfois des centaines de morts en quelques jours. Il y a les Talibans mais pas seulement, l’État islamique lui aussi a pris pied en Afghanistan. Récemment, les États-Unis ont renforcé leur présence militaire dans le pays, pour autant une solution politique semble encore lointaine.

Quelle est la stratégie américaine en Afghanistan ?

Personne ne discute avec l’État islamique en revanche avec les Talibans, si. Les États-Unis veulent les pousser à la table des négociations, et les Talibans pourraient y avoir intérêt. Ce n’est pas parce qu’ils sont violents qu’ils sont forts, au contraire. En 2016, ils ont essayé de s’emparer de plusieurs capitales provinciales, ils n’y sont pas parvenu. Même si certains chefs talibans en rêvent, ils n’ont pas la capacité de renverser le gouvernement. Pour autant, il semble que le mouvement préfère encore poursuivre les attentats, sans doute pour être en position de force si négociations il devait y avoir.

Ça, c’est le premier obstacle, le deuxième c’est les tensions diplomatiques entre les États-Unis et le Pakistan?

C’était le premier tweet de Donald Trump en 2018. Le président américain accusait en résumé le Pakistan de protéger les islamistes en Afghanistan. Conséquence : les États-Unis ont suspendu l’aide sécuritaire versé au Pakistan. Or si Islamabad et Washington ne coopère pas, pas de négociations de paix en Afghanistan. Et pour l’instant, c’est peu dire que les deux pays ne marchent pas main dans la main, ils sont même engagé dans un bras de fer.