Assad et Poutine jusqu’au bout de l’horreur

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L’édito international est une chronique de l'émission Europe 1 bonjour
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François Clemenceau revient chaque matin sur un évènement international au micro d'Europe 1 Bonjour.

Les autorités russes ont refusé hier soir d’ordonner un cessez-le-feu humanitaire dans la province de la Ghouta voisine de Damas où près de 300 civils sont morts sous les bombardements de l’armée syrienne. 

Le rythme est régulier, pratiquement 50 morts chaque jour depuis le week-end dernier dans cette zone de la Ghouta orientale à quelques kilomètres de la capitale Damas. Des civils frappés de façon aveugle, dans la rue, sur les marchés, jusque dans les hôpitaux. On se souvient du calvaire d’Alep, c’est ici la même chose, comme à Idlib dans le centre du pays où se sont regroupées les dernières forces des rebelles, en grande majorité islamistes. Les témoignages des organisations humanitaires syriennes et occidentales sont accablants. Je vous cite cette femme qui travaille pour l’ONG Care à la Ghouta : « les gens  mélangent du fourrage avec de la farine ou de l’orge pour faire du pain, et utilisent des antibiotiques périmés. Aucune évacuation médicale n’est autorisée. 24 civils en sont morts. »Les civils sont clairement ciblés pour qu’on les oblige à se séparer des combattants. Hier, l’ambassadeur de Russie aux Nations Unies a dit crument qu’un cessez-le-feu ne servirait à rien parce que les terroristes n’en veulent pas.

Le pouvoir de Bachar el-Assad accuse même les Occidentaux de crimes contre l’humanité.

Oui, c’est le monde à l’envers. Dans l’Est du pays, près de Deir Ezzor, les groupes paramilitaires alliés au régime syrien ont attaqué un regroupement de combattants kurdes des Forces démocratiques, celles là-même qui ont libéré Raqqa des mains de Daech avec le soutien massif des États-Unis et de la France. Les forces de la coalition ont répliqué sur ces troupes du régime, une contre-offensive qui a fait plus de 100 morts. Oui, Damas parle de crimes contre l’humanité mais pas un seul civil n’a été pris pour cible dans ces combats. On est même plus là dans la provocation mais dans un monde parallèle ou le cynisme se mêle à l’arrogance de ceux qui ont gagné la guerre grâce à la Russie.

Sauf que les Occidentaux ne peuvent pas faire grand-chose de plus que de défendre les Kurdes.

La coalition continue de traquer ce qui reste de Daech dans la vallée de l’Euphrate avec l’aide des Kurdes et là, elle les défend mais elle ne peut pas les protéger en revanche lorsqu’ils sont attaqués par la Turquie plus à l’ouest le long car on accorde au président Erdogan le droit de sécuriser sa frontière. Mais pour le reste, même sur les attaques chimiques, on ne peut rien faire au Conseil de sécurité où les Russes ont détricoté tout l’arsenal juridique qui permettait d'enquêter et de déclencher des représailles. Si elles ont lieu, conformément aux lignes rouges tracées par Donald Trump et Emmanuel Macron, ce sera sans les Nations Unies mais peut-être avec le soutien des opinions publiques qui ne supportent plus l’impunité dont bénéficie Bachar el-Assad.