Angela Merkel et le casse-tête des négociations

  • A
  • A
Voir la vidéo sur Dailymotion
L’édito international est une chronique de l'émission Europe 1 bonjour
Partagez sur :

François Clémenceau revient chaque matin sur un évènement international au micro d'Europe 1 Bonjour.

Et si Angela Merkel renonçait ?

La chancelière allemande a dit hier soir qu’elle était prête à se représenter une nouvelle fois devant les urnes au cas où cas où elle ne parviendrait pas à former un nouveau gouvernement. Mais est-ce vraiment certain ?

Disons que certains au sein de son parti, la CDU, aimeraient profiter de l’occasion pour se tester. Car rien ne dit qu’Angela Merkel, affaiblie par son résultat électoral du mois de septembre et par son incapacité à coaliser les Libéraux et les Verts, puisse repartir à l’assaut d’un nouveau scrutin avec la même légitimité. Tous les politologues allemands le savent et le disent : la chancelière a tout fait depuis dix ans pour écarter les rivaux et les potentiels successeurs. Ce qui a suscité beaucoup de ressentiment et d’impatience.

Qui aujourd’hui pourrait la défier pour incarner la relève ?

Il y a d’abord ce jeune secrétaire d’Etat aux finances qui s’est fait beaucoup remarqué ces derniers mois. Jens Spahn a 37 ans, formé par l’Eglise catholique et la banque, élu plus jeune député d’Allemagne fédérale en 2002 en Rhénanie du Nord-Westphalie, et sans cesse réélu depuis. Homosexuel, il est pour le mariage gay mais pour le reste, il est clairement bien plus à droite que la chancelière, très remonté contre sa politique migratoire et il n’a pas hésité à poser en compagnie du nouveau chancelier autrichien Sébastien Kurz qui pactise avec l’extrême droite. Mais à l’inverse, il y a aussi celle dont Angela Merkel a souvent vanté les mérites. Annegret Kramp-Karrenbauer, 55 ans, présidente de la Sarre depuis 2011. Plus à gauche que Merkel sur le plan économique et social mais plus à droite sur les valeurs. Et pour bien comprendre de quoi on parle ce matin, elle a réussi à former une coalition sur ses terres avec les Libéraux et le Vertes, une coalition Jamaïque, même si elle n’a duré qu’un an.

Mais le vivier au sein de la CDU ne s’arrête pas là.

Angela Merkel a longtemps redouté son rival Wolfgang Schauble qui est maintenant président du Bundestag mais qui doit se poser des questions. Il y a également la ministre de la défense Ursula Von der Layen bien qu’elle ait affronté une série de crises ces derniers temps qui ne plaident pas en sa faveur. Des talents, des ambitions, donc, d’autant plus aiguisées que tous les sondages indiquent un score identique pour Angela Merkel si on revotait demain.