Afrique du Sud : l'ANC, le parti de Mandela, joue sa survie

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L’édito international est une chronique de l'émission Toute l'info du week-end
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Gwendoline Debono revient chaque matin sur un événement international au micro d'Europe 1 Bonjour.

Gwedoline Debono remplace François Clemenceau le 15 décembre 2017.

On parle d’Afrique du sud. Dans quelques heures, L’ANC, le parti de Nelson Mandela, doit annoncer sa nouvelle équipe dirigeante. Les délégués se sont réunis hier pour voter au cours d’une conférence nationale. L’enjeu: se trouver un chef pour remplacer le très controversé président Jacob Zuma, en vue des élections présidentielle en 2019. Un moment charnière qui met en lumière un parti fracturé, bien loin de l’héritage de Nelson Mandela.

Oui très clairement l’ANC joue sa survie. A ce rythme, le parti pourrait perdre le pouvoir en 2019. Jusque là, l’ANC a toujours gagné avec plus de 60% de voix. Une menace inédite. En quart de siècle après la fin de l’apartheid, jamais le parti de Nelson Mandela n’aura été aussi divisé, fracturé, impopulaire. L’Afrique du Sud d’aujourd’hui est bien loin des rêves du prix Nobel de la paix : le chômage atteint les 30%, plus de la moitié des jeunes n’ont pas d’emploi, la croissance est nulle et les inégalités s’aggravent. Principal responsable de cette débâcle : l’actuel président Jacob Zuma. Il est englué dans tant d’affaires de corruption et autres scandales sexuels qu’il faudrait une vingtaine de chroniques comme celle-ci pour tous les énumérer. Hier, lors de son discours de départ, il a reconnu que la population était frustrée par les luttes intestines au sein de l’ANC, sans jamais se remettre en question. Ça ne lui a d’ailleurs pas posé problème de dire qu’il avait "fait de son mieux".

Alors qui pour remplacer Jacob Zuma et tenter de guérir l’ANC ?

Eh bien deux candidats s’affrontent : il y a d’abord l’ex-épouse du président Jacob Zuma, Nkosazana Dlamani Zuma. Alors c’est la première femme à briguer la tête de l’ANC. Le problème c’est qu’elle incarne la continuité, c’est à dire toujours plus de corruption et plus d’affaires, et la quasi garantie pour Jacob Zuma d’échapper à la justice. Son rival a bien meilleure réputation, il s’appelle Cyril Ramaphosa. Il a grandi dans le township de Soweto, a lutté contre l’apartheid aux coté de Nelson Mandela qui l’aimait beaucoup et on ne lui connait pas d’affaires de corruption. Autant vous dire que s’il perd, l’ANC risque de ne pas s’en remettre.

Et puisqu’on parle de la survie de l’héritage de Mandela, des membres de sa famille n’hésitent pas non plus à critiquer ce qu’est devenu le parti de Madiba.

Oui alors, c’est vrai qu’en matière de luttes intestines, eux aussi en connaissent un rayon mais tout de même : voilà ce qu’a déclaré cette année l’une des petites filles de Mandela : "Je ne voterai plus pour quelque chose qui ne s’inspire plus de ce pourquoi grand-père a combattu." Winnie Mandela, l’ex-femme du prix Nobel, estime elle vivre la période la plus sombre de l’histoire de L’ANC. Avec cette phrase à son image, dure, radicale : "La nation arc en ciel est un mythe total."