Vers une vraie formation des syndiqués pour rester au contact de l'entreprise

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L'édito économique est une chronique de l'émission Europe matin
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La ministre du Travail a reçu cette semaine un rapport avec plusieurs propositions pour mieux valoriser l'engagement syndical. Certains éléments seront intégrés à la réforme du code du travail par ordonnances.

Ça y est, Emmanuel Macron est en congés. Pareil pour ses ministres. Une petit pause avant une rentrée chargée en dossiers sensibles. Notamment la réforme du code du travail par ordonnances. On a beaucoup parlé du plafonnement des indemnités prud’homales, du contrat de chantier, des négociations de branches, mais la loi pourrait également valoriser le rôle des syndicats en entreprise. Les ministres sont en vacances. Ils emportent quand même quelques dossiers. C'est le cas, notamment, de celle du Travail, Muriel Pénicaud qui va partir avec un rapport qu'elle reçu cette semaine - en prévision de la réforme du code du Travail. Il propose une série de mesures pour changer l'image de l'engagement syndical.

D'abord : valoriser la carrière des représentants syndicaux. Qu'ils ne se disent plus forcément, "aïe, si je me syndique, je ne vais plus évoluer". C'est vrai qu'un manager n'aime pas trop avoir un délégué syndical dans son équipe. Ne serait-ce que parce qu'il passe beaucoup de temps en réunion. Près de la moitié des salariés du privé pensent d'ailleurs que ça peut avoir des conséquences sur leur carrière selon une étude du conseil économique et social. Ce rapport prévoit également que les compétences acquises soient prises en compte. Un ouvrier qui est élu secrétaire du CE par exemple, apprend à travailler en équipe, à être force de proposition, à gérer des comptes. Ça peut être utile à l'entreprise, ça peut permettre au délégué syndical d'évoluer. C'est gagnant-gagnant.

L'idée ce serait donc d'avoir des entretiens obligatoires avec les délégués syndicaux, pour voir quelles compétences ils ont acquises au cours de leur mandat.

Autre mesure proposée : obliger les représentants syndicaux permanents à revenir régulièrement à leur poste de travail ou à se former à un autre métier, en tout cas à garder un pied dans l'emploi. Imaginez dans une entreprise d'informatique un délégué syndical qui est à 100% ou presque sur son activité syndicale. Que se passe-t-il si 5 ou 10 ans après il souhaite reprendre son poste de travail à plein temps ? Il risque de ne plus du tout être a la page et c'est d'autant plus important que le projet de loi, prévoit de limiter à 3 le nombre consécutif de mandats. Pas plus de 12 ans. Il faut donc bien préparer l'après.

Enfin, l'auteur du rapport conseille de mieux former les syndicats aux enjeux de l'entreprise. Qu'est-ce que ça veut dire quand un patron explique qu'il a du mal à faire face à la concurrence par exemple. Qu'ils parlent d'avantage le même langage pour avoir des négociations plus constructives.

Il y a beaucoup de choses, dans ce rapport. Mais ce ne sont que des propositions pour le moment...

Oui, mais la ministre du travail, Muriel Penicaud l'a dit : ces recommandations ont vocation à se trouver dans les ordonnances. Sauf qu'elles n'a pas précisé lesquelles. Mais c'est important parce qu'aujourd'hui l'engagement syndical recul à grand pas. Se syndiquer ce n'est plus vraiment une tendance. Il faut dire que l'image du planqué, brandisseur de grève leur colle un peu à la peau. Résultat : les vocations sont en chute libre. Sauf que le dialogue social, la négociation en entreprise, est au cœur de la réforme qui se prépare, il est donc crucial de re-créer de la confiance entre syndicat et patronat, de réhabiliter la fonction de délégué syndical au yeux de l'opinion publique, des salariés, des chefs d'entreprise avec un objectif principale : améliorer le dialogue en entreprise.