Accord sur le Brexit : le Royaume-Uni rompt avec sa propre histoire

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L'édito économique est une chronique de l'émission Europe matin
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La Commission européenne a estimé vendredi que des "progrès suffisants" avaient été atteints sur les conditions du divorce avec le Royaume-Uni.

Londres et Bruxelles sont parvenus vendredi à un compromis sur la première phase du Brexit, ouvrant la voie au deuxième volet des négociations en vue de la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne.

Un nouveau cadre commercial. L'UE va maintenant pouvoir négocier les conditions pratiques du divorce avec le Royaume-Uni. Quel régime douanier ? Quelles normes ? Quel droit s'appliquera en cas de litige ? Le 29 mars 2019, à minuit, le Royaume-Uni ne sera plus membre de l'Union européenne et ne fera plus parti du marché intérieur européen, ce qui laisse peu de temps pour négocier et ratifier un cadre commercial qui régira les relations entre Londres et le reste de 'UE. L'accord annoncé vendredi règle les trois questions de souveraineté : frontière, statut des résidents et facture de l'Etat britannique. Mais il s'agit désormais pour les Britanniques de minimiser les dégâts qui sont déjà là.

Un puissance marchande privée d'interlocuteurs ? En effet, outre-Manche, la croissance a chuté, le pouvoir d'achat est amputé par une inflation de plus de 4% et les produits importés coûtent plus cher parce que la Livre sterling a perdu de la valeur. Enfin, les investisseurs européens gèlent leurs projets. Dans l'automobile, par exemple, ils arrêtent de moderniser les usines locales, préférant investir ailleurs. Ce premier accord sur le Brexit scelle finalement un triste constat pour le Royaume-Uni, celui d'une puissance marchande libérale, traditionnellement ouverte sur le monde, qui rompt aujourd'hui avec sa propre histoire.