Une application chinoise pour payer ses courses

  • A
  • A
Voir la vidéo sur Dailymotion
L'édito économique est une chronique de l'émission Europe matin
Partagez sur :

C’est une bataille majeure et planétaire qui a commencé : les géants américains et chinois du Net visent le portefeuille des européens.

L'édito éco avec le directeur de la Rédaction des Echos. Bonjour Nicolas Barré. C’est une bataille majeure et planétaire qui a commencé : les géants américains et chinois du Net visent le portefeuille des européens.

Quand vous ferez vos courses demain, Maxime, vous paierez peut-être avec une appli chinoise installée sur votre smartphone. Là-bas, c’est monnaie courante si j’ose dire : tout le monde règle ses moindres achats, même dans la rue, via WeChat ou Alipay, des applis qui permettent de scanner un code barre ou un QR code et de payer instantanément. C’est hyper pratique, hyper rapide, plus besoin d’avoir d’argent dans les poches. Et pour vous dire à quel point le phénomène est massif : WeChat, par exemple, compte 600 millions d’utilisateurs.

Et on peut utiliser ces systèmes chez nous ?

Les touristes chinois, oui. Ça démarre chez certains commerçants, au Printemps par exemple, ou dans certains hôtels. La recette du succès de cette appli, c’est qu’elle ne sert pas seulement à payer : WeChat, c’est un mélange de Facebook, d’Amazon, d’Instagram, de messagerie dans une seule appli, on fait tout avec, c’est un écosystème. Et vous voyez bien la bagarre derrière, en coulisses : l’enjeu, c’est l’accès à vos données personnelles. Le rêve non avoué de WeChat ou d’Alibaba, mais aussi des géants américains du Net comme Apple qui a pousse son portefeuille électronique Apple Pay, c’est de tout savoir de la vie des consommateurs européens ou presque.

Parce qu’il n’y a pas de système équivalent en Europe ?

Ça démarre aussi mais pas avec la même puissance. En France par exemple, le Crédit Mutuel, BNP Paribas, Auchan, Carrefour et quelques autres se sont unis pour lancer leur propre appli de paiement mobile. Justement pour éviter que ce marché ne leur échappe et que nos données soient gérées quelque part dans un cloud chinois ou américain. Je le disais, c’est une bataille stratégique qui commence : si les acteurs européens échouent, nos portefeuilles, donc nos moyens de paiement, seront bientôt soit chinois, soit américains.

L'édito éco. Merci Nicolas Barré.