TGV: hausse exceptionnelle de 8.4% au premier semestre

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L'édito économique est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1
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Malgré une hausse jamais enregistrée de mémoire de cheminot, l'équation économique du TGV reste négative.

L'édito éco avec Nicolas Barré, directeur de la Rédaction du journal "Les Echos". Peut-être l’avez-vous constaté : le trafic a repris à la SNCF et surtout dans les TGV qui sont plus souvent remplis.

Oui selon nos informations, le trafic TGV a bondi de 8,4% au premier semestre. C’est une excellente nouvelle pour la SNCF bien sûr et c’est une progression absolument remarquable : cela fait plusieurs années que le trafic TGV stagnait voire même reculait. De mémoire de cheminot, on n’avait jamais enregistré une telle progression en un semestre. Le déclin de la fréquentation des lignes à grande vitesse est clairement inversé.

Et comment l’explique-t-on ?

Il ne vous a pas échappé que le TGV coûte cher, qu’il est même souvent inabordable pour certains voyageurs comme les jeunes. Et bien la SNCF en a tenu compte, elle a changé sa stratégie tarifaire, elle a multiplié les offres à prix réduits hors période de pointe, elle a aussi fait un « carton », pardonnez l’expression, avec l’offre TGVmax qui permet d’effectuer des voyages illimités pour les moins de 26 ans. Bref, la SNCF s’est adaptée, il faut le saluer, et ça paie : les voyageurs reviennent. On peut aussi y voir les vertus de la concurrence : les cars Macron, dont une partie sont gérés par la SNCF, Blablacar, les vols low cost ont tiré le prix des transports longue distance vers le bas. Sans de nouvelles offres de tarifs, le TGV risquait de devenir "hors marché".

Tout ça, c’est bon pour les comptes de la SNCF

Oui mais l’équation économique du TGV reste négative : les deux tiers des lignes sont déficitaires. Pourquoi ? Parce que la SNCF verse deux milliards d’euros par an pour faire circuler ses TGV sur les voies : ce péage qui permet d’entretenir le réseau engloutit 40% des recettes du TGV. Dit autrement, le TGV dégage 700 millions d’euros de marge par an, or il en faudrait le double avoir un système pérenne, financer les nouvelles rames, améliorer le service etc. Bref, c’est une bonne chose que le trafic reprenne. Mais le modèle économique du rail en France reste bancal. La nouvelle ministre des Transports Elisabeth Borne le sait mieux que personne, elle a été directrice de la stratégie de la SNCF il y a quelques années. On attend maintenant d’urgence ses idées pour remettre le système ferroviaire d’aplomb.

L'édito éco. Merci Nicolas Barré