Taxe d'habitation : le casse-tête pour la remplacer

  • A
  • A
Voir la vidéo sur Dailymotion
L'édito économique est une chronique de l'émission Europe matin
Partagez sur :

Chaque matin, Nicolas Barré fait le point sur une question d'actualité économique.

Le gouvernement assure qu’il n’y aura pas d’impôts nouveaux pour remplacer la suppression de la taxe d’habitation. Problème: il n’a pas d’autre solution.

L’équation est simple: il va falloir trouver 8,5 milliards d’euros pour financer la suppression totale de la taxe d’habitation. Or cette baisse d’impôt n’était pas prévue au programme d’Emmanuel Macron. Il avait promis de supprimer la taxe d’habitation pour 80% des contribuables. Pas pour tous. En l’étendant à 100% des contribuables, le gouvernement se prive donc de recettes très importantes. Même avec beaucoup d’imagination, on voit mal comment on pourra récupérer ces recettes sans impôt nouveau. Sauf à jouer sur les mots.

Plusieurs scénarios sont d’ores et déjà envisagés.

La première option à l’étude consisterait assez simplement à réserver une part d’un impôt national (un bout d’impôt sur le revenu ou de TVA par exemple) aux collectivités locales. Mais on voit bien que ça ne fait que déplacer le problème et que ça crée un trou dans le budget de l’État. L’autre option, comme l’a évoqué hier à ce micro Richard Ferrand, le patron des députés En Marche, consiste à redistribuer des impôts entre collectivités, par exemple des départements vers les communes. Cette autre piste à l’étude revient aussi à déplacer le problème. La vérité telle qu’elle émane aujourd’hui de Bercy, et c’est ce que prouvent ces pistes de travail, c’est que le gouvernement ne sait pas, à ce jour, comment financer la suppression totale de la taxe d’habitation sans augmenter les impôts.