Taux d'intérêts : les investisseurs s'inquiètent des résultats de la présidentielle

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L'édito économique est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1
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Les taux d’intérêt s’envolent à nouveau en France car les investisseurs s’inquiètent du résultat de la prochaine élection présidentielle française.

C’est le scénario que tout le monde redoutait et il est peut-être en train de se produire, les taux d’intérêt s’envolent à nouveau en France car les investisseurs s’inquiètent du résultat de la prochaine élection présidentielle française

Oui, hier encore en pleine conférence de presse de François Fillon le taux à dix ans sur les obligations françaises a fortement grimpé, ça veut dire que pour attirer des investisseurs la France doit servir un taux d’intérêt de plus en plus élevé sur les emprunts qu’elle émet, on en était encore à 0,1% en septembre, on en est à 1,14% aujourd'hui alors vous me direz ça n’est pas le Pérou sauf que ces taux s’appliquent à d’énormes masses d’argent, en 2016 par exemple la France a émis pour 187 milliards d’euros d’emprunts et plus les taux grimpent plus les remboursements sont élevés, ça peut déstabiliser notre économie

Mais qu’est ce qui leur fait peur aux marchés, c’est  l’incertitude des résultat du deuxième tour en France, mais ça n’est pas vraiment nouveau ?

Ce qu’il y a de nouveau c’est la quasi-certitude que Marine Le Pen sera qualifiée pour le deuxième tour, tous les gestionnaires de fond ont çà en tête et mettent en gardent leurs clients  et ça ca renchérit l’argent qu’on emprunte. Pourquoi ?  Tout simplement parce ce que les investisseurs essayent d’anticiper ce que ferait la présidente du Front National une fois élue, alors le point clef de son programme, c’est la sortie de l’Euro, ça veut dire qu’on reviendrait aux francs et rembourser l’énorme dette que nous avons avec des Francs est rigoureusement impossible donc ce serait la faillite de la France.

Mais enfin ce scénario d’une victoire de Marine Le Pen reste quand même très improbable ?

Oui mais on vous répond que l’élection de Trump aussi était improbable, ou que le Brexit aussi était impensable et pourtant ça s’est produit, et ce que retiennent les marchés aujourd’hui c’est que dans nos vieilles démocraties rongées par le populisme, tous les scénarios sont envisageables.