Quels sont les enjeux du G20 ?

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L'édito économique est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1
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Les dirigeants plus grands pays de la planète doivent éviter la faillite de la mondialisation. 

L'édito éco de Nicolas Barré, directeur de la rédaction des Echos. Bonjour Nicolas. Le G20 qui réunit les dirigeants plus grands pays de la planète se réunit aujourd’hui et demain à Hambourg, en Allemagne. Avec un enjeu simple : éviter la faillite de la mondialisation. 

Le G20, c’est la face positive de la mondialisation: c’est l’idée qu’il y existe une série de sujets d’intérêt mondial qui font plus ou moins consensus et sur lesquels, pour le bien de l’humanité, nous avons tous intérêt à nous entendre, quel que soit notre régime politique, que l’on soit une dictature ou une grande démocratie. Parmi ces sujets, il y a bien sûr la lutte contre le réchauffement climatique, mais il y a aussi des questions comme la régulation de la finance, les migrations, le commerce, la lutte contre l’évasion fiscale etc. Le G20, c’est l’idée que sur ces sujets d’intérêt collectif mondial, on peut progresser pour rendre le monde meilleur.

Et cette idée est morte ?

Disons que pour avancer sur ces grands sujets, il faut une puissance-moteur, ou un groupe de pays moteurs, ne serait-ce que pour fixer l’agenda. Or aujourd’hui personne ne joue ce rôle. Trump, Poutine, Xi Jinping, les Européens : on est dans le chacun pour soi. Christine Lagarde, au nom du FMI, va le dire à l’occasion de ce G20. Certains disent déjà que l’on est passé du G-20 au G-0 : aucun pays ne veut plus se battre pour les grandes questions d’intérêt mondial, en particulier pas les Etats-Unis de Trump qui jouaient auparavant un rôle moteur. L’enjeu de ce G20, c’est donc d’essayer de trouver malgré tout un consensus au moins sur quelques sujets parce que c’est notre intérêt collectif. Sans quoi ce sera le délitement de la mondialisation. 

Le clou de ce G20, ce sera la rencontre Trump-Poutine.

Tout un symbole : alors que le but du G20 est d’avancer sur des sujets d’intérêt collectif, ce qui va dominer, c’est la confrontation entre pays, les menaces, la montée des protectionnismes. "Aucun pays n’est une île", dit Christine Lagarde. Mais beaucoup sont tentés de le devenir et de dire adieu à la mondialisation dans ce qu’elle a de meilleur.