Airbus envisagerait de diviser par deux la production des A380

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L'édito économique est une chronique de l'émission Europe matin
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Airbus étudierait la possibilité de réduire la production à seulement six exemplaires par an, contre douze actuellement. Un très mauvais signal pour le groupe.

Pourra-t-on sauver l'A380 d’Airbus ? Le constructeur européen envisage de baisser à six appareils par an la cadence de production de son gros porteur au lieu de 12 aujourd’hui, a affirmé lundi, l'agence Reuters. Pour l'heure, l'information n'est pas confirmée par le groupe. Mais si elle l'était, il s'agirait d'une très mauvaise nouvelle.

Plus de commandes annulées que passées. Cela signifie qu'il n'y a plus commandes. C'est surtout le dernier seuil de production possible. Si on descend plus bas, l’avion n’est tout simplement plus rentable à fabriquer. Si on en arrive là, ce sera un terrible échec pour Airbus. Pour rappel, l’A380 n’a que dix ans. À l'époque, on en produisait jusqu’à 30 exemplaires par an. Aujourd’hui, les annulations sont désormais plus nombreuses que les prises de commandes. En novembre par exemple, au salon aéronautique de Dubaï, une commande de 36 A380 réalisée par Emirates ne s'est pas concrétisée, rappelle Les Echos. De son côté, la compagnie britannique Virgin Atlantic veut remplacer ses six A380 commandés par des A350. 

Les raisons d'un échec. Pourquoi cet avion, pourtant si populaire, ne se vend pas ? Cela peut s'expliquer par deux raisons : l'avion est à la fois trop gros et trop cher. L'A380 compte plus de 500 sièges en moyenne. Il est donc difficile à remplir tous les jours. Surtout, cet avion a été lancé au moment où seuls des quadrimoteurs étaient autorisés à traverser des océans. Depuis, cette possibilité a été ouverte aux biréacteurs, comme le Boeing 777, beaucoup moins cher pour les compagnies. Ça a été, en quelque sorte, le coup de grâce.

Airbus rêvait à l’époque de vendre 1.400 gros-porteurs sur la durée de vie du programme. On en est à peine à 300 aujourd’hui. On peut désormais parler d’échec commercial.