L'UE sanctionne Google à hauteur de 2.4 milliards d'euros

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L'édito économique est une chronique de l'émission Europe matin
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Bruxelles inflige une lourde amende à Google pour abus de position dominante.

L'édito éco de Nicolas Barré, directeur de la rédaction des Echos. Bonjour Nicolas.

"L’Europe qui protège", le slogan d’Emmanuel Macron, vient de trouver une traduction concrète avec la pénalité inédite infligée par Bruxelles à Google pour abus de position dominante.
Oui c’est l’Europe qui frappe fort. Avec une amende historique : 2.4 milliards d’euros ! Et là il faut saluer une femme exceptionnelle, la commissaire à la Concurrence Margrethe Vestager, cette danoise d’une rigueur exemplaire et qui, depuis son bureau de Bruxelles, fait trembler le géant américain. Chose que son prédécesseur à Bruxelles Joaquin Almunia avait été incapable de faire.

Il y a donc clairement un changement de ligne.

Il y a surtout un commissaire européen qui a décidé d’utiliser toutes les armes dont nous disposons. C’est une héroïne, Vestager, car contrairement à ce que prétendent les détracteurs systématique de l’Union européenne, nous avons des armes. Il faut juste décider de les employer. L’enquête de Bruxelles conclut que Google favorise systématiquement ses propres services dans son moteur de recherche au détriment de la concurrence. "Ce que Google a fait est illégal", a déclaré la commission qui a mis les moyens puisqu’elle a examiné les résultats de l’équivalent de 1.7 milliard de recherches ! Ce qui est très ennuyeux pour Google, c’est que les enquêteurs de Bruxelles vont continuer leurs investigations sur d’autres services de Google comme Google News ou Google Images et qu’ils risquent de trouver aussi que le moteur de recherches abuse de sa position dominante.

Les Américains accusent Bruxelles de mener une charge politique

C’est ce qu’on dit quand on a un mauvais dossier. La réalité, c’est que Google va être obligé de changer ses pratiques. Comme avait dû le faire Microsoft au milieu des années 2000. A l’époque, c’était Sun, un concurrent américain de Microsoft, qui avait saisi le gendarme européen, preuve que l’affaire n’était pas politique. Certes plusieurs autres groupes américains ont été dans le collimateur de Bruxelles ces derniers temps, mais pour leur créativité en matière d’évasion fiscale : Apple, Facebook, Amazon, Starbucks... Faut-il y voir un procès politique ? Non. Il faut y voir quelque chose de beaucoup plus sérieux et intéressant : longtemps trop molle, l’Union européenne a décidé de se défendre face à des pratiques déloyales. Bravo.