Les producteurs de pétrole veulent une hausse des prix

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L'édito économique est une chronique de l'émission Europe matin
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Le prix du baril de pétrole est descendu très bas, entre 48 et 50 euros contre plus de 100 euros il y a quelques années.

Les pays producteurs de pétrole voudraient bien faire augmenter les prix du baril. Ils en ont parlé hier et avant-hier à Abu Dhabi. Pas d'effet immédiat, mais il pourrait bientôt y avoir une hausse des prix de l'essence - plus importante que celle constatée ces derniers jours, entre les mois de juillet de d'août. Les vacanciers s'en sont peut-être aperçus.

Oui, le litre de gazole a augmenté de 2 centimes et demi, on frôle les 1 euros 20 le litre en moyenne. Hausse également, dans une moindre mesure du sans plomb 95. Mais sincèrement que vous soyez parti en juillet ou en août, il faut voir les choses du bon coté, faire le plein nous coûte quand même beaucoup moins cher qu'il y a cinq ans. Vous vous en souvenez peut-être, à l’époque, le sans plomb 95 avait dépassé la barre symbolique des 1,50 euros. L'Elysée avait même du intervenir tellement les prix flambaient. Aujourd'hui on reste autour des 1,30 euros pour l'essence.

Et c'est bien tout le problème des pays de producteurs de pétrole ! Si on paye notre plein moins cher, c'est parce que le prix du baril de pétrole est descendu très bas, entre 48 et 50 euros contre plus de 100 à l’époque. Et pour ces pays producteur, et bien c'est tout leur budget qui fluctue en fonction de ces prix.

Mais il y a quelques mois on parlait d'un accord historique des pays de l'OPEP, non ?

Effectivement, il y a 8 mois, un accord historique parce que tous se sont mis d'accord pour vendre moins de pétrole, afin de réduire l'offre et de faire remonter les prix. Ce n'est une décision pas simple pour l'Algérie ou le Venezuela par exemple, parce que vendre moins de pétrole, c'est renoncer a une manne financière énorme. Mais l'idée c'était "on se sert la ceinture quelques temps pour se rattraper plus tard". Sauf que... ça ne marche pas.

Et alors pourquoi ça ne fonctionne pas ?

Et bien parce que cet accord n'a pas été bien ficelé. Dès le départ, certains ont eu le droit à des dérogations. L'Iran qui sortait juste de son embargo économique. La Libye et le Nigeria, en pleine crise politique. On les a laissé tranquille avec le pétrole. Sauf que ces pays, on vendu énormément de baril de pétrole et ça a réduit l'impact de l'effort collectif. Mais surtout, les Etats-Unis, désormais 1er producteur mondial de pétrole, grâce au pétrole de schiste, ont continué a inonder le marché et a réduire leurs coûts de production. Bref, le marché mondial du pétrole n'est plus le même, l'OPEP ne peut plus faire la pluie et le beau temps sur les marchés d'un simple claquement de doigts.

Alors la pilule est difficile a avaler pour les pays producteurs, mais vous le disiez, c'est plutôt une bonne nouvelle pour les automobilistes ?

Bien sûr. C'est bon pour notre porte-monnaie, aucun doute. Moins pour l'environnement c'est sûr. Du pétrole pas cher, ça n'incite vraiment à investir dans des voitures plus vertes. Mais de ce côté-là, la France semble bien décider à prendre les choses en main avec la hausse des taxes sur le gazole.  Et puis cet engagement de Nicolas Hulot : interdire la vente de voitures diesel et essence d'ici 2040 (on est loin d'être les seuls, la Norvège a fixé la même échéance à 2025, l'Inde à 2030, les Pays-Bas à 2035)

Bref les pays producteurs de pétrole ont beau enchaîner les réunions, tout semble indiquer qu'ils vont devoir compter sur un or noir, un peu moins brillant dans les années qui viennent.