Les ambitions d'Amazon dans l'alimentation

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L'édito économique est une chronique de l'émission Europe matin
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La firme de Jeff Bezos a racheté la chaîne de supermarchés bios Whole Foods aux Etats-Unis. Ses concurrents sont inquiets.

Vous revenez ce matin sur l'avenir d'Amazon, un avenir doré. Le groupe de commerce en ligne affiche une santé de fer et une ambition sans limite, qui inquiète ses concurrents. Il vient d'entrer dans le secteur de l'alimentaire de manière fracassante. Et il a réussi à lever une somme gigantesque.

Oui, Amazon avait besoin d'emprunter 16 milliards de dollars, selon Bloomberg les marchés étaient prêts à lui en prêter trois fois plus. L'action se porte comme un charme, en hausse de 30% depuis le début de l'année. Une action Amazon qui vaut près de 1.000 euros. 

Alors pourquoi cet emprunt ?

Eh bien, parce que dans sa conquête du marché de l'alimentation. Amazon vient de racheter les magasins Whole Foods aux Etats-Unis. Il fait ainsi une entrée fracassante dans le commerce physique. On pourrait comparer la marque à Monoprix (plutôt qualitatif, avec beaucoup de Bio). Ça a été un véritable cataclysme dans le monde du commerce aux États-Unis. D'autant que personne ne sait vraiment quelle est la stratégie d'Amazon. La concurrence sait juste que le groupe devient leader dans tout ce qu'il touche.

Et pour vous illustrez cette crainte : 15% des 500 plus grosses entreprises américaines citent Amazon dans leurs commentaires de résultats. Soit en exemple, soit en source d'inquiétudes. Le géant est en tout cas est dans toutes les têtes.

Et alors est ce qu'en France, la grande distribution doit également s'inquiéter ?

Je peux vous dire qu'elle s'inquiète déjà. D'abord parce qu'Amazon a donc autant d'argent qu'il veut. Le spécialiste du secteur, Oliviers Dauvers me confiait : "si demain Amazon veut racheter Carrefour il peut le faire en 1/4 d'heure". Mais pour le moment, la vente de produits frais sur Amazon ça reste vraiment une niche, (ça existe uniquement à Paris, avec une livraison en une heure). Un niche, tout simplement parce que ça n'est pas si simple.

Et alors quelles sont les contraintes spécifiques de l'alimentation ?

Et bien déjà les produits frais. Vous ne pouvez pas les laisser dans la boîte aux lettres. Et puis les stocks sont périssables. Ça demande une gestion plus complexe. Enfin il y a une équation très difficile à résoudre, c'est celle du rapport : poids-prix-volume, livrer un iPhone qui pèse quelques grammes et coûte 800 euros c'est rentable. Ça l'est moins pour l'envoi d'une bouteille d'eau d'un kilo qui coûte moins d'un euro. La grande distribution a quand même déjà commencé à anticiper la riposte en France. Avec le drive "je commande mes courses sur internet et je vais les chercher moi-même". Ça marche très fort.

Et puis tous essayent de retravailler leur stratégie web. C'est l'une des missions qui ont été confiées par exemple par Carrefour a son tout nouveau patron,Alexandre Bombard : qu'il réussisse la mise en ligne du groupe comme il l'a fait pour la FNAC. Mais la vraie question aujourd'hui c'est de savoir ce que va faire Amazon après. Y'a-t-il par exemple d'autres achats prévus aux Etats-Unis, ou en France ? L'insatiable appétit de l'ogre Amazon, laisse en tout cas bien peu de répit à ses concurrents.