L'Allemagne prête à frapper fort sur le diesel ?

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L'édito économique est une chronique de l'émission Europe matin
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Une nouvelle réunion entre le gouvernement allemand et les constructeurs automobiles doit avoir lieu.

L’Allemagne va t-elle finir par s'attaquer au Diesel ? Berlin promet un nouveau sommet sur la question à l'automne. Officiellement c'est pour faire le point sur les avancées après la rencontre qui a lieu il y a dix jours - réunion entre le gouvernement, les constructeurs automobile et les syndicats. En réalité, il pourrait bien s'agir de rattraper ce qui a été perçu par beaucoup comme un échec.

Oui, certains espéraient le procès du diesel, avec en verdict son interdiction dans les grandes villes d’Allemagne comme Stuttgart ou Munich. La montagne a finalement accouché d'une souris. Les constructeurs automobiles se sont juste engagés a régler, a leur frais, le moteur de plus de cinq millions de véhicules diesel, pour les rendre moins polluants. La ministre de l'environnement réclamait beaucoup plus, elle voulait l'installation de filtres, de pots catalytiques, mais ça aurait coûté beaucoup plus cher. Les constructeurs y ont échappé. Ils ont également promis de verser des primes généreuses aux automobilistes qui acceptent de changer leur vieux diesel contre un véhicule propre. Volkswagen a d'ores et déjà annoncé une ristourne de 10.000 euros à ses clients qui achèteraient un 4/4 Touareg. 2.000 euros aussi pour la nouvelle citadine : Up !

Mais au final ce ne sont que quelques concessions, voir même un argument de vente. Et le sentiment c'est plutôt que le lobby des constructeurs allemand a tué dans l'œuf la fronde anti-diesel. Le gouvernement propose donc une séance de rattrapage, avec un nouveau sommet, ça n'est pas anodin, c'est un vrai sujet de campagne en Allemagne avant les élections fédérale du 24 septembre. D'un côté il y a les déçus du dieselgate qui n'ont plus confiance en leurs constructeurs et craignent pour leur santé. De l'autre une réalité économique, les constructeurs automobile représentent 20% des exportations allemandes et 800 mille emplois. Une schizophrénie qui aboutit à cet accord au rabais.

Et en France justement, où en est sommes de la guerre anti-diesel ?

Et bien chez nous, les hostilités ont commencé bien avant, il y a 4 ans, avant même le scandale Volkswagen. Ce qui a mis le feu aux poudres c'est ce chiffre : 42.000 morts par an en France liés aux particules fines. Or ce qui émet le plus de particules c'est le diesel. Le dieselgate n'a finalement apporté qu'un argument supplémentaire, "non seulement le diesel tue mais en plus on nous ment sur la quantité de pollution émise". Alors en France ça s'est fait lentement, pour laisser le temps justement aux constructeurs de se retourner.

Il y a d'abord eu la hausse de la taxe sur le gazole. Très avantageuse auparavant, elle s'aligne progressivement sur celle de l'essence. On a environ 10 centimes d’écart aujourd’hui contre 18 il y a 5 ans. Il y a le plan d'Anne Hidalgo à Paris pour interdire tous les véhicules diesel dans la capitale d'ici à 2020. Les véhicules les plus polluants n'ont déjà plus le droit de rouler depuis un an. Il y a le certificat qualité de l'air, qui ne vise pas directement les diesel, mais hiérarchise la pollution des véhicules. Et puis Il y a eu le matraquage médiatique sur les dangers du diesel, sa mort annoncée, etc. Résultat, la courbe des ventes s'est inversée. En 2012, 3 voitures sur 4 vendues étaient un diesel, aujourd'hui c'est moins d'une sur 2.

Une chose est sûre. Si il y a bien un domaine dans lequel la France bat l’Allemagne a plate couture c'est celui de la lutte contre le diesel.