La réforme de la fiscalité est finalement prévue pour 2018

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L'édito économique est une chronique de l'émission Europe matin
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C’est un revirement majeur: le Président a décidé finalement que la réforme de l’ISF et de la taxe d’habitation seraient enclenchées dès l’année prochaine.

L'édito éco avec le directeur de la Rédaction des Echos. Bonjour Nicolas Barré. C'est votre journal, Nicolas, qui signe le scoop du jour.

C’est un revirement majeur que vous nous annoncez ce matin: le président de la République a décidé finalement que la réforme de l’Impôt sur la Fortune et de la taxe d’habitation seraient enclenchées dès l’année prochaine.

Énorme coup de théâtre en effet! Souvenez-vous, mardi lors de son discours de politique générale, le Premier ministre Edouard Philippe annonçait le report de deux promesses de campagne d’Emmanuel Macron: la réforme de l’ISF et la suppression de la taxe d’habitation pour 80% des ménages. Deux baisses d’impôts reportées d’un an en raison de la dégradation des déficits laissée par François Hollande. Ces reports avaient été très critiqués. Et bien manifestement Emmanuel Macron a entendu les critiques. Hier soir, le président de la République, avec le Premier ministre, le ministre de l’Economie et des Finances Bruno Le Maire et le ministre des Comptes publics Gérald Darmanin, a arbitré: ces baisses d’impôt entreront bien en vigueur l’année prochaine et pas en 2019. Une réunion de calage aura lieu ce matin à l’Elysée mais je peux vous le dire, la décision est prise.

Emmanuel Macron ne recule pas devant le coût de ces baisses d’impôt.

En effet, le coût de la réforme de l’ISF est de l’ordre de 3 milliards d’euros, celle de la taxe d’habitation de 10 milliards mais, selon mes informations, elle sera faite en trois tiers. Ça veut dire qu’au total, il faudra trouver l’an prochain un bon 6 milliards d’euros en économies supplémentaires pour financer tout ça. Ce n’est pas simple. Mais Bruno Le Maire insistait ce week end: "on peut faire les deux, baisser les impôts et baisser les dépenses publiques".

C’est réaliste?

C’est très volontariste. Ça n’a jamais été fait dans ces proportions. Le président de la République met la barre très haut. L’économie, c’est beaucoup une affaire de confiance: le report de baisses d’impôts promises aurait eu un effet dévastateur. Emmanuel Macron l’a mesuré. D’où ce revirement. Il veut faire mentir tous ceux qui, depuis 30 ans, expliquent qu’on ne peut pas baisser les dépenses publiques en France alors que ça se fait dans le monde entier. C’est un signal fort adressé au secteur privé, à un moment où la reprise économique s’enclenche et où il est important de l’encourager.

Merci Nicolas Barré.