La Grèce retrouve l'accès aux marchés des capitaux

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L'édito économique est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1
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Grâce au plan de sauvetage de l'Europe et du FMI, la Grèce a évité la faillite.

C’est un événement économique pour toute l’Europe : la Grèce a retrouvé hier l’accès aux marchés des capitaux, après des années d’efforts et d’austérité…

Oui c’est un formidable succès pour la Grèce mais aussi tout un symbole pour la zone euro qui a failli voler en éclats, souvenez-vous, à cause des difficultés financières de la Grèce. Beaucoup de financiers, notamment anglo-saxons, prédisaient la fin de l’euro, annonçaient la sortie de la Grèce de la monnaie unique, et celles en cascade du Portugal voire de l’Italie. Certains spéculateurs d’ailleurs ne se privaient pas de miser sur ce scénario catastrophe, et parfois même en le souhaitant.

Mais la zone euro a tenu…

Oui. Les Européens et le FMI ont mis en place un plan de sauvetage de la Grèce, qui a été renouvelé, en échange de réformes économiques. Avec en arrière fond cette idée : sauver la Grèce pour sauver la zone euro. Cette stratégie a marché. La Grèce a été placée sous respiration artificielle, en quelque sorte : l’Etat grec a évité la faillite grâce à ces plans d’aide. Aujourd’hui, on peut dire que le pays sort enfin des soins intensifs.

En clair, la Grèce peut maintenant se financer toute seule…

Exactement. Vous savez, lever de l’argent sur les marchés financiers, c’est comme un vote de confiance : vous vous présentez devant des investisseurs du monde entier, vous leur demandez d’acheter votre dette et vous voyez ce qui se passe. Soit ils disent non et c’était le cas de la Grèce jusqu’ici. Vous ne trouvez personne pour vous prêter. Pour un Etat, ça veut dire la faillite, d’où les plans de sauvetage. Soit ces investisseurs acceptent, ils vous prêtent et vous allez payer un taux d’intérêt qui sera le reflet de la confiance que vous inspirez. Hier, la Grèce a trouvé 200 investisseurs du monde entier prêts à lui prêter de l’argent : des Européens, des Asiatiques, des Américains. C’est donc bien le signe que ce pays n’est plus un paria. Les investisseurs commencent à croire aux réformes. Les aides européennes et du FMI sont toujours là en soutien bien sûr, mais on peut dire que la convalescence commence pour un pays qui, depuis 2008, presque dix ans, n’aura connu que la crise avec des conséquences sociales très lourdes. C’est un succès des Grecs et des Européens.