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Chaque matin, Nicolas Barré fait le point sur une question d'actualité économique.

Allons-nous connaître un nouveau choc pétrolier ? En deux ans, le prix du baril a flambé de 120% et ce n’est pas fini

Ce n’est pas fini car les tensions actuelles sont alimentées par la sortie probable des Etats-Unis de l’accord sur le nucléaire iranien, perspective synonyme de relance de la course à la bombe nucléaire dans la région et donc de très vives tensions. Synonyme aussi de nouvelles sanctions américaines frappant les exportations de pétrole de l’Iran : le robinet iranien serait donc potentiellement coupé. D’où cette flambée qui prend tout le monde de court. Il y a quelques mois, le FMI tablait sur un baril à 50 dollars en moyenne en 2018. Or on est déjà à plus de 75 dollars. Ce n’est pas du tout la même chose.

Et cela crée de nouveaux risques au niveau mondial.

Risque sur la croissance des pays européens juste au moment où elle repartie sur de bons rails. Risques plus largement sur les pays en développement non producteurs de pétrole, c’est le cas de beaucoup de pays africains. Risque plus spécifique sur certaines entreprises très dépendantes des cours du brut: prenez Air France, au hasard, la flambée du pétrole annule d’un trait les gains de productivité réalisés ces deux dernières années. Ce n’est vraiment pas le moment. Enfin un choc pétrolier, c’est comme un choc fiscal : ça ampute le pouvoir d’achat des ménages, les Français s’en rendent compte déjà avec la hausse des prix à la pompe. Au plus bas début 2016, on était à 1 euro le litre pour le gazole et 1,25 pour le sans plomb 95. Aujourd’hui, le gazole est à 1,42 et le sans plomb 95 à 1,50 en moyenne. Et hélas, je vous l’ai dit, ce n’est pas fini.