Ingérence russe : les sanctions des Etats-Unis menacent toute l'Europe

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L'édito économique est une chronique de l'émission Europe matin
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Les sanctions des Etats-Unis contre la Russie pour ses interférences supposées dans la campagne présidentielle américaine impactent toute l'Europe.

Washington a décidé de punir Moscou pour son ingérence dans la campagne présidentielle américaine : le Congrès a voté des sanctions mais qui punissent aussi les Européens…

Oui et de Paris à Berlin, Rome ou Bruxelles, c’est l’indignation. Que les Etats-Unis sanctionnent Moscou pour ses interférences supposées dans la campagne américaine, c’est tout à fait compréhensible et c’est leur affaire. Mais le problème avec les sanctions américaines, c’est qu’elles ont un caractère extraterritorial. La loi américaine s’applique de fait au-delà des frontières américaines. Autrement dit, sous prétexte de punir la Russie, l’Iran ou la Corée du Nord, les Etats-Unis s’en prennent à tous ceux qui traitent avec ces pays, qu’ils soient américains ou pas.

En l’occurrence, Washington cible le cœur de l’économie russe, le secteur de l’énergie dans lequel les Européens sont très présents…

C’est exactement cela : les sanctions américaines visent certes la Russie, mais elles menacent directement des groupes européens comme le Français Engie, comme Shell, comme BP, comme l’Italien ENI qui sont très engagés là-bas, en particulier dans l’acheminement du gaz russe vers le marché européen. Très concrètement, BP par exemple, estime qu’avec ces sanctions, ils ne pourront plus entretenir ou réparer les pipelines qui acheminent le gaz russe chez nous. C’est très grave car finalement, les Etats-Unis portent atteinte à la sécurité énergétique des Européens. Inutile de vous dire que les Européens sont furieux.

Et ça ne va pas en rester là…

Non, on n’est pas loin de l’escalade. Bruxelles avait anticipé le coup. Cela fait déjà un moment que la Commission travaille à une riposte contre les intérêts commerciaux américains, même si ce n’est pas si simple car cela pose des problèmes juridiques. Le président de la Commission européenne a très bien résumé le sentiment des Européens : "America First -le slogan de Donald Trump- ne peut vouloir dire que les intérêts européens passent en dernier". C’est clair, nous ne voulons pas être les dindons de la farce…