France et Allemagne font un pas l’un vers l’autre sur le budget européen

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L'édito économique est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1
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Si le ton change aujourd’hui, c’est parce que Merkel fait confiance à Emmanuel Macron pour mener les réformes de fond promises.

L'édito éco avec le directeur de la Rédaction des Echos. Bonjour Nicolas Barré. Ce ne sont plus seulement des mots : la France et l’Allemagne font un pas l’une vers l’autres sur des sujets majeurs comme le budget européen ou la défense.

Oui, le Conseil franco-allemand qui s’est tenu hier à l’Elysée en présence d’Angela Merkel, juste avant l’arrivée de Donald Trump, a montré que les convergences entre les deux pays prennent forme. "Je n’ai rien contre un budget de la zone euro", a même dit la chancelière allemande. Et pourquoi pas, a-t-elle ajouté, "un ministre européen des Finances". Ce sont des demandes françaises traditionnelles car Paris estime que l’excédent d’épargne allemand, le fait qu’ils n’investissent pas davantage, pénalise toute la zone euro.

Et pourquoi Angela Merkel accepte-t-elle de bouger aujourd’hui ?

L’Allemagne ne voyait aucune raison de bouger tant que la France elle-même ne bougeait pas sur les réformes de fond, notamment celle du marché du travail. Si le ton change aujourd’hui, c’est parce que Merkel fait confiance à Emmanuel Macron pour mener les réformes promises-elle ne faisait pas confiance à François Hollande- et qu’elle parie sur l’efficacité de ces réformes, ce qui reste à démontrer. Car pourquoi la zone euro fonctionne-t-elle de travers ? Parce qu’il y a des économies qui sont de plus en plus compétitives (l’Allemagne) et qui creusent l’écart avec les autres. Berlin dit : si l’écart continue de se creuser parce que ces pays ne font pas d’effort, ne comptez pas sur nous pour les aider. En revanche si ces pays se réforment et que les écarts se réduisent, on va pouvoir parler budget commun. C’est donc un vrai changement de la part de la chancelière.

L’autre grand sujet de convergence, c'est la défense.

Oui. L’Europe de la défense est une idée qui remonte aux années 1950. Là aussi les lignes bougent : vu notre situation budgétaire, nous avons intérêt à ce que certains programmes soient financés au niveau européen. C’est plus dur de passer aux travaux pratiques. Paris et Berlin ont décidé de travailler sur la prochaine génération d’avion de combat, même si les contours restent incertains. Il y a des coopérations aussi à développer dans les hélicoptères, les missiles tactiques air-sol, les drones, les satellites, la cyber-défense. Vous le voyez, les lignes bougent. C’est aussi un message adressé aux Etats-Unis, au moment de la visite de Donald Trump. Ce n’est pas anodin.

Donald Trump, Angela Merkel et Emmanuel Macron, tous les trois sur les Champs Elysées ce matin. L'édito éco. Merci Nicolas Barré.