Coup d'envoi de la renégociation du traité Alena

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L'édito économique est une chronique de l'émission Europe matin
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Les Etats-Unis, le Mexique et le Canada doivent renégocier leur traiter de libre échange. Les discussions s'annonce tendues.

Vous nous parlez d'un bras de fer qui commence aujourd'hui à Washington. Celui qui va opposer les Etats-Unis, le Canada et le Mexique. Les trois pays renégocient leur accord de libre-échange, l'Alena, sous la pression de Donald Trump, notamment. Qu'est-ce qui peut vraiment changer Carole ?

Alors d’abord, une chose met tout le monde d'accord, c'est qu'il est temps de dépoussiérer ce texte signé  il y a 23 ans et de lui ajouter un volet concernant le commerce sur internet.

Ce texte, à l'époque, il prévoyait de supprimer les barrières douanières entre le Mexique, les Etats-Unis et le Canada, pour favoriser les échanges commerciaux entre ces trois pays et être plus fort à trois contre le du reste du monde, (notamment L’Europe qui venait de signer l'accord de Maastricht). La promesse à l'époque c'est : ça va doper la croissance, réduire l'émigration clandestine et créer de l'emploi dans chaque pays.

Et alors quel bilan 23 ans après ?

Et bien ça a clairement dynamisé les échanges entre ces pays : le Mexique et le Canada ont triplé leurs exportations vers les Etats-Unis. Les Etats-Unis sont plutôt perdants de ce point de vue-là, mais l’Alena, leur a tout de même permis de doper leur PIB et le salaire moyen américain.

Mais alors que reproche Donald Trump a cet accord ?

Eh bien il reproche surtout au Mexique d'avoir détruit des emplois chez lui.

Alors difficile en réalité de dire qui de l'automatisation ou du Mexique est responsable, mais pour Donald Trump ça ne fait pas de doute. Et il est vrai que les entreprises américaines ont massivement délocalisé leurs usines vers le Mexique et sa main d'œuvre bon marché. En particulier dans le secteur de l'automobile, du textile et de l'électronique. Aujourd'hui par exemple dans cette zone, une voiture sur cinq est fabriquée au Mexique.

Une aubaine pour le pays, qui a vu arriver des usines, de l'emploi et a pu se développer. Pour le Président des Etats-Unis ça a surtout créé du chômage. Donald Trump exige donc du Mexique qu'il augmente la rémunération de ses salariés, pour réduire l'écart avec la main d'œuvre américaine.

Alors clairement, le rapport de force est du côté Américain, mais le Mexique a tout de même sa botte secrète. Car les Etats-Unis de leur côté ont inondé le Mexique de leur maïs, plus compétitif. Et au Mexique, le maïs, c'est l'aliment de base. Le pays est donc devenu l'un des plus gros clients des Etats-Unis. Alors le deal c'est si vous nous poussez trop à bout, on achète notre maïs ailleurs.

Et le Canada dans tout ça ?

Eh bien Donald Trump reproche au Canada de brader ses ventes de bois aux Etats-Unis, de surprotéger son marché du lait et donc de créer une concurrence déloyale sur ces deux secteurs. Le président américain veut donc changer les règles en vigueur sur les litiges commerciaux, afin de mieux se protéger. Pour la Canada, la priorité, c'est que chaque pays membre intègre dans les règles commerciales le principe de la lutte contre le réchauffement climatique. Une manière de tordre le bras à Donald Trump sur la question du climat.

Alors ce bras de fer s'annonce très tendu, les discussions devraient d'ailleurs prendre beaucoup de temps, un nouvelle rencontre est d'ores et déjà prévue le 5 septembre. Enfin si Donald Trump ne confond pas les termes négocier et imposer. Et le 5 septembre, les discussions auront lieu au Mexique.