Comment, en 10 ans, l’iPhone a bouleversé le marché des télécoms

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L'édito économique est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1
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A l'occasion des 10 ans du smartphone d'Apple, Nicolas Barré revient sur cette révolution dans les télécoms. 

L'édito éco de Nicolas Barré, directeur de la rédaction des Echos. Bonjour Nicolas.

Sorti il y a dix ans aujourd’hui, l’iPhone a bouleversé l’écosystème des télécoms et transformé l’industrie numérique comme aucun produit ne l’avait jamais fait avant. C’est une révolution qui a fait tomber des têtes. Il faut se souvenir qu’avant l’iPhone, les rois du mobile s’appelaient Nokia, Blackberry, Motorola. Aujourd'hui, Nokia ne fait plus de téléphones, Blackberry n’est plus que l’ombre de lui-même et Motorola s’est fait dévorer par un Chinois.

Quant aux Japonais comme NEC, Toshiba, Sharp, Fujitsu qui rivalisaient pour faire des téléphones les plus petits possibles, ils sont passés à côté de la révolution des applications qui a fait le succès de l’iPhone. De cette époque, il ne reste plus que Sony, dans un marché des smartphones dominé par Samsung et des marques chinoises qui n’existaient pas il y a dix voire cinq ans.

C’est une redistribution des cartes à l’échelle planétaire

Bien à l’image de la marche de l’économie avec ces deux pôles mondiaux que sont d’un côté la Californie, une pompe à capitaux et à talents, et de l’autre l’Asie du Nord-Est, Chine-Corée-Japon, portée par l’explosion du marché chinois. Et entre les deux, l’extinction du pôle européen dans le mobile et l’électronique grand public. Mais pas dans les applis et les services, je m’empresse de le dire. Dix ans, ce n’est rien, l’économie bouge très vite.

Que faut-il faire pour ne pas rater les dix ans qui viennent ?

Dans dix ans, l’iPhone ne sera plus un téléphone. Il sera éclaté en une série d’appareils dont on s’équipera comme on s’habille : un écouteur miniature dans l’oreille qui vous guidera, des lunettes intelligentes qui vous donneront des informations en réalité augmentée, une montre connectée etc. Nous serons alors entourés d’agents intelligents, ils arrivent déjà, à qui l’on pourra demander ce que l’on veut. Or deux technologies domineront cette nouvelle révolution: la reconnaissance vocale et l’intelligence artificielle, l’une allant avec l’autre. Ce sont ces deux technologies sur lesquelles nous devons investir pour ne pas être dépendants de solutions chinoises ou californiennes. Pour ne pas rater les dix ans qui viennent.