Chantier naval de Saint-Nazaire : l’impossibilité de construire une Europe de l’industrie

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L'édito économique est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1
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La vente du chantier naval de Saint-Nazaire à l’italien Ficantieri tourne au psychodrame entre Paris et Rome.

C’est sans doute le dernier gros dossier industriel qu’aura à gérer François Hollande, et ça n’est pas le plus simple : la vente du chantier naval de Saint Nazaire à l’italien Ficantieri tourne au psychodrame entre Paris et Rome et on parle maintenant de nationalisation Daniel Fortin

Oui c’est la menace que brandit aujourd’hui Paris qui ne veut pas voir un italien prendre la majorité des parts dans ce chantier mis en vente par son ancien actionnaire coréen, un chantier considéré comme stratégique non seulement sur le plan social parce qu’il emploie 2 600 personnes et fait vivre tout une région mais aussi parce qu’il est le seul en France à pouvoir construire la coque d’un éventuel deuxième porte-avion nucléaire français qui viendrait épauler le Charles de Gaulle, donc ce que veulent les Français ce sont des garanties sur le contrôle du chantier

Mais attendez Daniel Ficantieri c’est l’Italien c’est donc l’Europe pourquoi on ne peut pas s’entendre ?

Eh bien c’est le vrai problème Thomas,c’est cette incapacité de l’Europe à reproduire le succès d’ Airbus dans l’aéronautique, on n’a pas su le faire dans le ferroviaire par exemple, on n’arrive pas non plus à le faire pour l’industrie navale alors que ce sont des secteurs en grand danger parce qu’il subissent la concurrence sévère des entreprises asiatiques qui produisent moins cher. Alors sur le papier l’alliance Ficantieri-Saint Nazaire est évidente mais pour l’instant les nationalismes l’emportent

Il y a t-il aujourd’hui un vrai risque que ce mariage échoue ?

Alors on est en période électorale et vous imaginez ce qui se passerait si le gouvernement laisser filer un chantier symbole qui a construit le France et qui est devenu un spécialiste mondial des paquebots de croisière, donc de ce point de vue oui, ça peut échouer mais pour l’instant on négocie encore entre Français et italiens et si le ton monte parfois l’affaire est loin d’être terminée