Brexit : les grands banquiers réclament une réforme complète du code de Travail français

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L'édito économique est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1
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Les grands banquiers touchés par le Brexit veulent bien s'installer en France à la condition notamment de pouvoir licencier leur traders en trois jours.

Le récit d’une réunion surréaliste entre des parlementaires français et des grands banquiers qui sont tout simplement venus demander à La France de réécrire complètement son code du Travail.

C’était hier au Sénat, il y avait notamment  les représentants de Morgan Stanley ou encore d’UBS, ils étaient venus plancher sur la façon d’attirer en France les banques qui voudraient quitter le Royaume Uni  après le Brexit (c’est le grand fantasme du moment) et en substance ils ont dit OK ces grands banquiers. Ils veulent bien venir  mais alors il faut tout changer en France notamment le droit du travail. Alors ce qu’ils réclament en priorité c’est le droit de licencier en trois jours un salarié comme à Londres, et à ce compte-là, promettent-ils, on pourra délocaliser de la City  à Paris.

Mais enfin il n’ont strictement aucune chance d’obtenir une telle mesure dans un pays comme la France ?

Alors en théorie non  sauf que pour présenter les choses ils se servent de cette bonne vieille aversion des Français pour les riches. Les  salariés qu’ils veulent pouvoir congédier ce sont des traders, c’est-à-dire des gens qui gagnent entre 200.000 et 300.000 euros par an, des gens qui passent sans vergogne d’une banque à l’autre, qui peuvent faire des fortunes mais aussi des grosses erreurs, on est dans un univers très volatil et c’est vrai que notre droit n’est pas suffisamment flexible dans ce domaine.

Mais faut-il vraiment accepter des conditions exorbitantes pour attirer des banques ou des salles de marché ?

Il y a une concurrence très forte en Europe et Francfort par exemple est prêt à lâcher du lest sur son droit social pour attirer les déçus de la City mais cette affaire du Brexit n’est pas innocente, elle sert beaucoup les intérêts en France de ceux qui militent pour une vraie réforme du  droit du travail.