Bataille budgétaire entre l'armée et Bercy

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L'édito économique est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1
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Les militaires sont furieux parce que, les caisses de l’Etat étant vides, on les met plus à contribution que d’habitude. 

L'édito éco avec le directeur de la Rédaction des Echos. Bonjour Nicolas Barré. A la veille du 14 juillet, la colère gronde au plus haut niveau de l’Armée en raison des nouvelles économies exigées par Bercy.

Oui les militaires sont furieux et leur seul espoir repose sur les épaules du chef de l’Etat. Ils sont furieux parce que, les caisses de l’Etat étant vides, on les met plus à contribution que d’habitude. Je m’explique. Chaque année, la loi de Finances fixe un budget pour les opérations militaires extérieures, les Opex. C’est toujours une estimation basse : 450 millions en l’occurrence pour cette année. Mais il y a un deal : si le coût des opérations militaires est supérieur, le dépassement est réparti entre tous les ministères, au nom de l’effort de guerre.

Et on a dépassé

Oui, la facture des Opex est de l’ordre de 1,3 milliard, à cause de la lutte contre le terrorisme islamiste au Mali ou au Moyen Orient. Donc il y a 850 millions de dépassement. Sauf que cette fois -c’est là que le coup est rude- au lieu de faire comme d’habitude et de répartir l’effort de guerre entre tous les ministères, Bercy veut coller la facture au seul ministère des Armées. D’où la colère de nos généraux. Et celle de toute la filière de l’industrie de l’armement. Car il n’y a qu’une seule façon de trouver rapidement 850 millions, c’est en réduisant les achats d’équipement. Parce qu’on ne va évidemment pas arrêter les opérations en cours comme Barkhane au Sahel ou Sentinelle sur le territoire national

Ça veut dire qu’on est déjà en train de renoncer à porter le budget de la défense à 2% du PIB comme l’a promis Emmanuel Macron ?

Non et d’ailleurs Edouard Philippe a promis un effort sur 2018. Mais nos Armées, elles, voient leurs besoins immédiats, le matériel qui s’use, les blindés en panne. Le chef d’état-major des Armées le général Pierre de Villiers, qui vient d’être prolongé d’un an, n’a pas cessé de batailler sur ce sujet des équipements. On le voit mal rendre les armes face à Bercy. Ce soir, Emmanuel Macron se rendra au ministère de la Défense. Il y est attendu de pied ferme par tout l’état-major. On attend qu’il arbitre ce sujet brûlant et les Armées espèrent bien remporter cette ultime bataille budgétaire.

L'édito éco. Merci Nicolas Barré.