Angela Merkel fragilisée par un nouveau scandale automobile.

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L'édito économique est une chronique de l'émission Europe matin
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Volkswagen a révélé l’existence d’un cartel secret qui permettait aux cinq grands constructeurs de s’entendre en toute discrétion.

L'édito éco avec Nicolas Barré, directeur de la Rédaction du journal "Les Echos". Bonjour Nicolas, un nouveau scandale frappe l’industrie automobile allemande. Et fragilise même Angela Merkel en campagne pour sa réélection.

Oui la "chancelière de l’auto", "Auto Kanzler" comme on la surnomme, se serait bien passée de cette nouvelle crise. Elle qui a toujours défendu cette industrie clé pour l’Allemagne, au cœur de ce qui fait la réputation du "made in Germany". Or cette réputation est ternie par un scandale sans précédent, le plus gros scandale économique depuis la guerre selon la presse allemande. Tout est venu des aveux de Volkswagen qui a révélé l’existence d’un cartel secret qui, depuis plus de vingt ans, permettait aux cinq grands constructeurs de s’entendre en toute discrétion et au mépris complet des règles allemandes et européennes de la concurrence.

Pourquoi Volskwagen s’est-il dénoncé ?

Dans ce genre d’affaire, celui qui se dénonce bénéficie toujours d’un traitement de faveur. Et après le scandale du diesel, Volkswagen ne voulait sans doute pas être pris dans une nouvelle affaire. Mais cette affaire ébranle toute l’industrie. Les actions de BWM, Daimler, Volkswagen ont chuté dès les premières fuites vendredi. "La confiance dans l’ensemble de l’industrie automobile allemande est en cause", a dit la ministre de l’Economie de Merkel. Car pendant des années, des cadres dirigeants des cinq grands constructeurs allemands ont tenu des centaines de réunions clandestines pour s’entendre sur des pièces, des normes, des procédés. Y compris donc le diesel. Ce "cercle des cinq" - Daimler, BMW, Volkswagen, Audi et Porsche -  a constitué un cartel extrêmement puissant qui a permis, notamment, de se protéger de la concurrence étrangère.

C’est un nouveau coup dur pour l’industrie automobile allemande

Le scandale du diesel a déjà coûté 20 milliards d’euros à Volkswagen - 20 milliards, c’est quatre milliards de plus que la valeur en Bourse de PSA Peugeot Citroën - Daimler a été condamné dans les poids lourds, des villes allemandes veulent interdire le diesel : ça fait beaucoup de mauvaises nouvelles d’un coup pour une filière qui emploie 800.000 personnes et est responsable d’une bonne partie de l’excédent commercial allemand. Bruxelles enquête sur ce cartel de l’auto allemande qui pourrait lui coûter très cher.

L'édito éco. Merci Nicolas Barré