Nicolas Hulot au Salon de l’agriculture : "un aveu de sa situation particulière"

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L'édito politique d'Hélène Jouan est une chronique de l'émission Europe matin
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Le ministre de la Transition écologique a fait une visite surprise et furtive au Salon de l'agriculture, mardi soir. Révélateur de sa situation politiquement délicate au sein du gouvernement.

Le Salon de l'agriculture, ses vaches, ses stands régionaux et le défilé des politiques… Jusqu'ici, cette année encore, rien que du très classique porte de Versailles, à Paris. Mais mardi soir, un événement est venu perturber ce programme bien établi : inventant le principe de la visite furtive, Nicolas Hulot s'est rendu sur le Salon sans prévenir personne. Rien à son agenda. Seulement un petit tweet avec photo en début de soirée, une fois le Parc des expositions fermé aux visiteurs.

Un petit tour et puis s'en va. Le ministre de la Transition écologique a rapidement discuté avec des scientifiques de l'Inra, avant de rencontrer la présidente du puissant syndicat FNSEA, Christiane Lambert. Un petit tour et puis s'en va, ni vu ni connu. Pendant que ses collègues tentent de conquérir des records de durée, de fréquentation, de pommes avalées, de culs de vaches tâtés, Nicolas Hulot s’ingénie à faire tout l’inverse.

Ce qui est d'ailleurs son droit le plus strict, sa "méthode", comme il le revendique lui-même : préférer discuter sérieusement autour d'une table avec ses interlocuteurs plutôt que de se prêter à la mise en scène d'un ministre poursuivi par une nuée de micros et de caméras, tels des goélands derrière un chalutier. 

Ministre empêché. Reste que ce passage furtif est un aveu de la situation particulière dans laquelle se trouve actuellement Nicolas Hulot. Même s'il s'en défend, le ministre a bien modifié ses plans au dernier moment pour venir faire un passage express et confidentiel. Soucieux à la fois d'échapper à l'accusation de dérobade qui pesait sur lui, et dans l'incapacité de faire une visite en bonne et due forme. Car Nicolas Hulot est aujourd'hui un ministre empêché, fragilisé personnellement, sinon politiquement, par l'affaire de la plainte pour viol déposée contre lui et classée sans suite. "Il n'est pas dans une forme olympique", reconnaît encore l'un de ses amis.

"Comme un boucher au salon vegan". Difficile, dans ces conditions, d'être confronté à une question de journaliste, ou à l'interpellation de n'importe quel quidam dans les travées du Salon. D'autant que Hulot l'écolo fait figure d'épouvantail au sein de la communauté agricole. "C'est comme si un boucher s'invitait au salon vegan, forcément ce serait un carnage", relevait l'un de ses proches il y a quelques jours. Même le récent assouplissement du ministre sur l'interdiction du glyphosate ne lui assurait pas la promesse d'un accueil sympathique et convivial.

Pause. De carnage, il n'y a finalement pas eu. Forcément, Nicolas Hulot n'ayant croisé quasiment personne. Veni, vidi, et pas forcément vici mais l'honneur est sauf, les pieds ont été mis au Salon. Mercredi, après le conseil des ministres, Nicolas Hulot s'accordera une pause de quelques jours avec ses enfants pour leurs vacances scolaires. Après, promis, il reprendra le cours normal de ses activités. Et présentera notamment le 15 mars prochain son plan de rénovation énergétique des bâtiments. Sans réenclencher le mode "furtif".