Entre les "traîtres" et un nouveau chef, le chantier continue chez LR

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Hélène Jouan vous parle politique est une chronique de l'émission Europe matin
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Les Républicains sont en ordre de marche pour élire leur président : quatre candidats ont déposé mercredi leurs parrainages. Mais tout n’est pas réglé pour autant chez LR.

Mercredi, c’était journée "porte ouverte" chez les Républicains. Enfin, plutôt portes battantes, façon saloon. Il y a ceux qui sont censés sortir, et ceux qui entrent pour devenir patron des lieux. Quatre candidats ont déposé leurs parrainages : Laurent Wauquiez, Maël de Calan, Florence Portelli et Daniel Fasquelle. Mais une chose est sûre, c’est qu’il est plus compliqué de prendre la porte de LR que d’en prendre la tête ! Le feuilleton de l’exclusion des "traîtres", annoncée puis reportée, puis ajournée puis de nouveau à l’ordre du jour mais pour plus tard, est digne Feux de l’amour qui nous tient en haleine depuis 1989 sur TF1 !

Il est urgent d'attendre. On avait cru comprendre que le couperet devait s’abattre mercredi sur les "traîtres", ceux qui comme Edouard Philippe et quelques autres sont passés sur l’autre rive il y a 5 mois. Mais 5 mois, c’est trop court ! Les Robespierre des LR qui rêvent de têtes coupées en seront pour leurs frais : il est urgent d’attendre. Tout simplement parce que les responsables constatent que sur le terrain, les militants apprécient de voir des ministres étiquetés LR au gouvernement, qui font peu ou prou la politique qu’un président de leur bord aurait pu appliquer.

L'honneur est sauf. On attendra donc pour les exclusions, et c'est désormais un match à 4 qui va occuper les débats, entre Laurent Wauquiez et trois candidats qui souhaitent déjouer les pronostics. Ce n’était pas gagné, car ni les militants ni les parlementaires ne se sont précipités pour soutenir ceux dont ils sont convaincus qu’ils vont faire de la figuration. Mais l’honneur est sauf. Quatre, c’est toujours plus démocratique qu’un candidat unique, quels que soient les scores finaux.

Pas de débat ? La droite ne va pourtant pas pouvoir engager le débat sur sa ligne politique. D’abord parce que l’ultra favori Laurent Wauquiez, pour faire taire les critiques sur sa personnalité et sur sa ligne, a pris soin dans le panier de ses 136 parrainages de parlementaires, de recueillir le sésame des sarkozystes, des fillonnistes, des juppéistes. Histoire de dire qu’il est toute la droite à lui tout seul. Ensuite parce que ses vrais concurrents, Pécresse, Estrosi, Bertrand ont préféré rester hors course, ils se réservent pour plus tard.

Une campagne sans grand enjeu. Résultat ? Il ne va rien se passer pendant cette campagne ! Au grand soulagement des militants qui depuis la guerre fratricide Copé/Fillon en 2012 n’ont pas vécu d’élection sans psychodrame. Au grand dam de quelques autres, qui se disent qu’ils seraient peut-être temps de se poser la question essentielle : au fait, si on n’est ni en Marche, ni FN, ça veut dire quoi être de droite aujourd’hui ? Réponse ? On verra plus tard.