Législative partielle à Belfort : le PS enterré !

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L'édito politique d'Hélène Jouan est une chronique de l'émission Europe matin
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Les résultats du premier tour des deux législatives partielles de dimanche, dans les premières circonscriptions du Val-d’Oise et du Territoire de Belfort, confirment l'effondrement des socialistes et le retour de la droite comme première force d'opposition.

Une législative partielle, c’est un thermomètre de l’opinion ; enfin, de celle qui y participe, puisque moins d’un électeur sur trois s'est déplacé dimanche à Belfort, et seulement un sur cinq dans le Val d’Oise. Mais selon où se trouve le mercure, on regarde tout de même qui est en forme et qui ne l’est pas.

La disparition du PS confirmée. Etant entendu que le mercure gèle à -40 degrés Celsius, peut-on considérer que le score de 2,6% affiché par le candidat PS dans le territoire de Belfort frôle la glaciation ? Samedi, Olivier Faure a lancé sa campagne pour le poste de premier secrétaire en promettant d’être le candidat de la "renaissance du PS". A 2,6%, il devrait plutôt s’intéresser à la cryogénie. "Rien ne nous sera épargné",  avait prophétisé François Hollande en 2012, alors qu'il n'était pas encore président. Depuis, ce sont les électeurs qui préfèrent s’épargner du Parti socialiste. 2,6%, dans une circonscription historiquement de gauche jusqu’en 2002 - ce fut longtemps celle de l’ex-président de l’Assemblée nationale Raymond Forni -, c’est dire si le PS n’est plus, ni un parti d’opposition, ni même vu comme un parti d’alternance en reconstruction.

Que les quatre postulants au poste de premier secrétaire règlent leurs affaires entre eux, cela ne semble plus être l’affaire des électeurs. Le PS arrive tout juste devant Lutte Ouvrière, il se trouve relégué dans les marges des partis contestataires, et loin derrière la France Insoumise de Jean-Luc Mélenchon. Mais tout de même devant la candidate de Florian Philippot, qui ne parvient qu’à une chose, affaiblir encore un peu plus un FN aspiré vers le fond.

En Marche !... au ralenti. Du côté de la droite, le score d’audience calamiteux de Laurent Wauquiez sur France 2 jeudi soir, et un premier conseil national houleux, n'empêchent pas les électeurs de droite de revenir aujourd’hui à l’écurie. La forte poussée du mercure pour les candidats Les Républicains montre que la droite est désormais la vraie opposition et que ses électeurs ne sont plus sous "l’effet Macron". La République en Marche est à la peine, même si sa candidate est en ballottage favorable dans le Val-d’Oise. Un vrai coup de semonce pour le président, qui aligne les défaites électorales depuis juin dernier, aux sénatoriales ou aux municipales partielles. Sans doute le signe des fractures sociologiques et territoriales que les sondages d’opinion décèlent, au-delà de la popularité générale du chef de l'Etat. "Et de droite et de gauche", ça marche peut être à Paris et dans les grandes villes, mais visiblement ni à Pontoise, ni à Belfort.