Le PS est tellement mort que personne ne veut porter le corbillard !

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L'édito politique d'Hélène Jouan est une chronique de l'émission Europe matin
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Najat Vallaud-Belkacem ne sera pas candidate à la direction du PS en avril prochain. Elle le fait savoir dans L’Obs jeudi matin.

Cet abandon est une flèche de plus sur ce grand cadavre à la renverse : le PS est mort et personne ne veut porter le corbillard ! Que serait allée faire dans cette galère l’ex-ministre de l’Education me direz-vous ? Et bien contrairement aux apparences, elle avait tout à y gagner car tout est déjà perdu. "C’est à la baisse qu’on achète en bourse", dirait un économiste, et question abysses, le parti socialiste est insondable. En briguant sa direction, Najat Vallaud-Belkacem assurait par sa seule présence une voix médiatique au parti moribond, pas forcément une ligne encore, encore moins un souffle, mais c’était un point de départ. Une promesse que tout était encore possible. Etre tête de liste aux prochaines européennes comportait un risque certes : mais pouvait-elle faire faire moins que l’ex-candidat du parti à la présidentielle ? Le pari était finalement peu risqué.

Mais ces maigres assurances ne l’ont pas convaincue de se lancer. Soucieuse, dit-elle dans une interview à L'Obs, "de découvrir d’autres mondes que le seul monde politique", et avide de "vraiment réfléchir et travailler". Suprême cruauté : réfléchir au sein du PS pour changer la vie n’a donc plus de sens.

Quels prétendants ? Après cet abandon, les socialistes vont retrouver leurs anciennes habitudes, les jeux d’alliances faussées, les "je le pousse lui, pour ne pas avoir tel autre, et me placer moi", etc. Alors qui désormais pour briguer le parti ? Luc Carvounas d’abord, le seul candidat actuellement en lice, mais dont la ligne "rouge-rose-vert" n’incarne pas forcément le point d’équilibre du PS, Olivier Faure, actuel président du groupe des députés socialistes de l’assemblée, qui a pour lui d’être peu associé au quinquennat précédent. Sur les rangs également, Stéphane le Foll, le vieux compagnon de route de François Hollande, ou pourquoi pas Julien Dray, l’éternel "JUJU" du PS, ex-conseiller de Ségolène Royal à François Hollande, et qui a très envie, dit-on, de porter les "vrais débats". Sauf que question renouvellement, repartir en 2018 avec l’ancien protégé de François Mitterrand, ça ne sent pas la gagne.

Bernard Cazeneuve, ex-ministre de l’Intérieur et ami personnel de François Hollande pourrait bien être poussé par ce dernier. Mais il a décidé de tourner la page, il ne saurait revenir que plébiscité, parait-il. François Hollande n’a plus les moyens d’organiser un tel plébiscite. Enfin, le numéro un du PSpar intérim, Rachid Temal, échangerait bien son CDD pour un CDI, encouragé en sous-main par l’ex numéro un Jean-Christophe Cambadélis. Sur le fond, pas grand-chose ne distingue ces différents prétendants les uns des autres. Mais ils vont se battre pendant un mois pour savoir qui clouera le cercueil.