Laurent Wauquiez, ce pompier qui pourrait incendier la maison LR

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Hélène Jouan vous parle politique est une chronique de l'émission Europe matin
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Laurent Wauquiez est presque assuré de devenir, mi-décembre, le nouveau patron des Républicains. Mais son discours, très dur, ne s’adoucit pas, loin de là.

Laurent Wauquiez est l’homme qu’il faut à la droite. Il est exactement ce dont elle a besoin. Emmanuel Macron a asphyxié Les Républicains ; critiquer un budget dont ils ont rêvé toute leur vie serait grotesque, il n’y a pas non plus d’oxygène à aller chercher sur le terrain de la politique économique. Laurent Wauquiez le sait. Alors qu’est-ce qui marche ? Les élites contre le peuple, ça, ça marche ! Les territoires contre les grandes métropoles, les terroirs contre la mondialisation, etc.

Redéfinir un nouveau clivage. Lorsque Laurent Wauquiez cogne contre Pôle emploi, dont il accuse les agents d’inciter les chômeurs à se la couler douce, ça fait hurler dans les dîners en ville parisiens, les élites de gauche s’étouffent, mais auprès d’un électorat populaire de droite, un peu dubitatif vis-à-vis d’Emmanuel Macron, ce genre de déclarations fait mouche. Sans doute y a-t-il une part de démagogie de sa part, mais c’est efficace. Un peu comme Emmanuel Macron d’ailleurs, Laurent Wauquiez prend sa part dans l’installation d’un nouveau clivage, celui qui opposerait une mondialisation folle à une identité française qu’il faudrait chérir et préserver.

Une brutalité dangereuse. La droite a trouvé son pompier. Il répond à l’urgence qui était d’éviter la dislocation. Les Constructifs ne pèsent rien, et le groupe à l’Assemblée est tenu par le râblé Christian Jacob. Maintenant, reste à construire à partir du néant le chemin pour repartir à la conquête du pouvoir. Et là Laurent Wauquiez a un point faible : cette brutalité que tellement de ses collègues de LR lui reprochent. Peut-être encore davantage que la ligne, c’est son attitude qui peut avoir des conséquences. La mise en garde adressée en privé par Gérard Larcher n’est pas anodine : il faudra savoir traiter correctement toutes les sensibilités.

L'enfant terrible de la droite. C’est donc une équation personnelle qui se pose à Laurent Wauquiez : ne plus être l’enfant terrible de la droite et devenir le bon père de famille. Il y a une mue à opérer, pas sûr qu’il y soit prêt, il se voit lui-même comme le Jacques Mesrine de la politique. Cette mue est pourtant déterminante, car ce sera le seul moyen d’étouffer les concurrences en embuscade de Xavier Bertrand, Valérie Pécresse et même de François Baroin qui a prévenu qu’il reviendrait s’il constatait une porosité avec le FN.