Le parti et la majorité au menu de l'agenda officieux de Macron

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L'édito politique d'Hélène Jouan est une chronique de l'émission Europe matin
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Parallèlement à son agenda officiel, Emmanuel Macron tient des réunions plus discrètes où il s'occupe davantage du jeu politique.

Emmanuel Macron a deux agendas. L'un officiel, garni de déplacements présidentiels comme celui de mardi, à l'usine Whirlpool d'Amiens, ou mercredi en Corrèze pour raffermir la jambe gauche de ses engagements présidentiels. L'autre officieux, pas transmis aux médias, et qui permet au président de la République de s'occuper de tâches moins "nobles" sans être vu au grand jour comme un pratiquant de la politique politicienne.

Voir le Président "pour de vrai". Dans son agenda "off", Emmanuel Macron est au four et au moulin : il s'occupe du parti, la République en Marche, et du groupe du même nom à l’Assemblée nationale. Deux pôles censés soutenir sa politique mais, à ce jour, jugés bancals. Lundi soir, par exemple, le président a convié en début de soirée à l’Elysée les députés de la commission de la Défense. Cela se passe toujours de la même façon, quelles que soient les commissions reçues. Il procède d'abord à une petite allocution préliminaire, avant d'évoquer des points plus spécifiques : il leur a parlé du budget bien sûr, du limogeage du général de Villiers et les députés ont enfin eu le droit à quelques questions/réponses, notamment sur Louvois, le système informatique de paie défaillant des militaires.

Les députés sont ravis. Pour beaucoup, c’est la première fois qu’ils voient "pour de vrai" le président. Pour Emmanuel Macron, ces rendez-vous non officiels sont l’occasion de reprendre la main sur un groupe pas encore contestataire mais néanmoins traversé de quelques états d’âme.

La pression des socialistes. Les députés socialistes ne s’y sont d’ailleurs pas trompés : mardi matin, ils vont envoyer à leurs collègues d’En marche une lettre pour dénoncer le projet de budget du gouvernement, en les titillant là où ça fait mal : "Aux dernières élections, vous avez incarné le renouvellement et la promesse d’un nouveau monde. Ce nouveau monde ne peut être celui d’un Moyen-âge fiscal avec le retour de son cortège de privilèges." À l'Élysée, la vigilance est totale pour ne pas que les députés de la majorité flanchent.

Plusieurs noms possibles pour le parti. Emmanuel Macron est aussi précautionneux avec le parti qu’il a créé. Après un été entier à soigner leur baby blues post-électoral, à s’enfermer dans des activités boutiquières qui les ont rendues complètement muets sur la scène politique, les responsables de la République en marche ont été sommés d’accélérer. Car mi-novembre, tout doit être prêt pour renouveler la direction du parti ! Emmanuel Macron semble s’être rangé à l’idée qu’il vaut mieux une tête plutôt qu’une direction collégiale comme c'est le cas aujourd'hui. Il a le choix entre deux profils : soit un profil très politique avec Christophe Castaner ou Benjamin Griveaux, tous deux ministres aujourd’hui. Soit le renouvellement, avec des marcheurs historiques. Sur son bureau, deux noms reviennent souvent : pourquoi pas Mounir Mahjoubi ou Julien Denormandie ? Un remaniement gouvernemental éventuellement contraint par l’agenda judiciaire, notamment celui de la ministre du travail Muriel Pénicaud, pourrait faciliter ce jeu de chaises musicales. Quelques réunions "off" plus tard, Emmanuel Macron devrait y voir plus clair.