Dupont-Aignan se lance dans la méthode Macron

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Hélène Jouan vous parle politique est une chronique de l'émission Europe matin
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Nicolas Dupont-Aignan est à l'initiative d'une plateforme participative supposée réunir l'électorat de droite autour de thèmes communs. Sa démarche s'inspire de celle du président de la République pendant la campagne.

Le nom est joli, "Les amoureux de la France" et ça ressemble à une application de rencontres, où électeurs de droite et d’extrême-droite (mais au diable les étiquettes) peuvent "matcher" entre eux comme bon leur semble. Nicolas Dupont-Aignan, l’ex-candidat à la présidentielle dont l’idylle de l’entre-deux tours avec Marine Le Pen a tourné court, mise désormais sur le 2.0 après son échec dans la "real life".

Sur cette plate-forme participative, les internautes sont invités à répondre à une série de sondages. C'est un peu comme les tests d’été des magazines féminins, on comprend à la lecture des questions quelles sont les (bonnes) réponses à apporter sur des sujets comme la croix de Ploërmel, le retour au franc, l’ISF, les racines judéo-chrétiennes de la France, ou encore la limitation du nombre d’avortement (on ne vous propose pas d’être pour ou contre, mais seulement les meilleures façons d’y parvenir). Et puis cette question : "Etes-vous favorable à un grand plan national 'Savoir nager' ?". Là, je dois avouer que j’ai séché, je n’ai pas su quelle était la bonne réponse.

Les électeurs de droite. Cette plate-forme sert à trouver les points de convergence entre électeurs des différentes familles de la droite, tendance très droite. Puisque les états-majors des partis, du FN aux Patriotes de Philippot, de Debout la France au Mouvement pour la France, en passant bien sûr par Les Républicains, au nom desquels Laurent Wauquiez répète qu’il n’y aura jamais d’alliance avec le Front national, sont incapables de surmonter leurs divergences, Nicolas Dupont-Aignan veut croire qu’en faisant du "bottom-up", ça pourrait fonctionner.

Mettre à l'oeuvre la méthode Macron. Car figurez-vous que le grand homme, le modèle à suivre cette fois, est moins de Gaulle, dont il va honorer la mémoire mercredi, qu'Emmanuel Macron qui s’est appuyé sur ses marcheurs pour enclencher la dynamique de son ascension. Emmanuel Macron a réuni les progressistes "européistes" selon la terminologie de Nicolas Dupont-Aignan, qui entend désormais mener une grande marche à droite.

L'homme providentiel. Le diagnostic n’est pas idiot. Arithmétiquement, les opposants à l’Europe ont représenté 47% des voix au premier tour, France Insoumise comprise. Nicolas Dupont Aignan veut s’appuyer sur cet euroscepticisme pour réunir à son tour ceux qu’ils nomment les "identitaires". Mais il y a quelques obstacles sur la route du nouveau marcheur : au-delà de leur "amour" pour la France, ces petits partis, ou les personnalités qui les représentent, sont très divisés sur l’Europe et sur les questions d’économie. Faire l’union des droites n’est pas gagnée. Et quand bien même elles s'uniraient, qui pour incarner cette union ? En Marche! était construit autour de la personnalité d’Emmanuel Macron, personne d’aussi évident chez les "Amoureux de la France", ou plus exactement trop de monde. Des petits cupidons partout, mais où est l’Eros capable de les emmener vers le pouvoir ?